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Madère, atterrissage

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Petite carte de situation pour se repérer dans le texte qui suit ...

Après deux nuits et une belle promenade à Porto Santo, et la pétole s’installant pour la semaine, nous décidions d’avancer tout de même vers Madère, au moteur. Nous ne souhaitions en effet pas vraiment rester sur Porto Santo jusqu’à ce que le vent daigne vouloir se lever. Au passage, nous avons pu constater que nous avons eu beaucoup de chance pour notre traversée depuis le Portugal, car nous avons eu du vent favorable pendant presque 96h, et à une force toute à fait correcte pendant 72h … ce qui ne s’est, à l’heure où j’écris ces lignes soit une semaine après, toujours pas reproduit et n’est pas près de se reproduire avant la fin de la semaine …

La traversée s’effectue sans histoire, un oeil sur la jauge de température suite à la fausse alerte sur le joint de culasse qu’on ne prend pas trop à la légère tout de même, et un autre sur les lignes de traîne, qui se tendent par 2 fois : des petites bonites, à chaque fois, que nous croyons être des bébés bonites … L’une d’entre elle s’est littéralement empalée sur l’hameçon et est vraiment trop amochée, elle finira à la casserole (et c’est très bon !), l’autre retournera à l’eau.

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Une des petites bonites (celle qui s'est démoli la bouche sur l'hameçon et qu'on a mangée) en train d'être remontée sur le bateau

A noter aussi la présence d’un passager clandestin resquilleur passablement ébouriffé par les rafales à 2 noeuds, et qui doit trouver que le ferry est trop cher. Ça ira pour cette fois, mais que ça ne se reproduise plus, mon bonhomme !

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Le passager clandestin tout ébouriffé !

Nous arrivons en début de soirée dans l’anse de Machico, là où mouillèrent les premiers bateaux de colons portugais il y a 600 ans. Il n’y a plus de place derrière la jetée, nous mouillons donc face à la plage, ce n’est pas protégé et assez rouleur. On profite de la gratuité du mouillage (ce n’est pas gagné partout sur cette île, voir plus loin !) pour faire une bonne grasse mat’, régler pas mal de choses sur internet (wifi gratuit ‘officiel’ sur Madère dans toutes les petites villes, c’est appréciable …), et essayer tant bien que mal de réserver une place dans la marina de Calheta, à l’ouest de l’île, que l’on avait essayé de contacter plusieurs fois précédemment et qui est notre objectif. Il n’y a que 3 marinas sur l’île et elles sont relativement prises d’assaut … Les mouillages sont en effet rares, inconfortables et pas suffisamment sûrs pour laisser le bateau sans surveillance.

Le lendemain donc, départ vers Calheta, au moteur d’abord car le vent souffle Nord-Ouest et comme nous sommes côté Sud d’une chaîne de montagnes, au pied des falaises, pas un souffle de vent ne passe la barrière montagneuse. Puis, au passage du Cabo Girão et de ses falaises de presque 600 m qui font partie des plus hautes du monde (4e plus hautes d’après wikipédia), quelques moutons apparaissent au loin : chouette, il a l’air d’y avoir un peu de vent ! Contraire certes, mais du vent quand même.

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Le Cabo Girão qui nous contemple de ses 589m de haut.

Un peu ouais, mon œil ! Une rafale à 15 noeuds, puis une autre à 20, puis 25, 30 … Et entre deux rafales, on retombe à peine à 15 noeuds. La direction est de plus assez irrégulière. La mer devient rapidement dure, des vagues très serrées et hautes qui se transforment en mini-déferlantes par moments. De loin et toute à l’heure, ça n’avait pas l’air aussi formé ! Petit aveu d’impuissance devant les conditions : si on met la toile qui convient pour 15 noeuds, on se fait coucher dans les rafales, et si on réduit, on n’avance plus du tout lorsqu’elles se calment, dans le clapot qui est de plus en plus gros … Clapot d’ouest en plus, qui risque de rendre l’entrée assez étroite du port de Calheta relativement peu sûre voire dangereuse. On réduit quand même, mais quelques rafales à 35 noeuds plus tard (ça monte encore …) et sans réponse de la marina de Calheta suite à nos appels VHF concernant la praticabilité de l’entrée du port, nous entamons le retour vers Funchal, la capitale de l’île devant laquelle nous étions passés un peu plus tôt, endroit le plus proche où nous pouvons passer la nuit en sécurité.

Ayant tenté en vain notre chance à la marina de la ville (réputée être toujours pleine, mais sait-on jamais ! au passage le personnel est très accueillant et très gentil), nous nous retrouvons au mouillage réputé inconfortable devant cette dernière, dans une baie complètement ouverte au sud-est qui laisse entrer tout le clapot provenant de ce quadrant (c’est en effet encore pire qu’à Machico) … Le lendemain matin, Schnaps se fait aborder par les autorités portuaires qui nous demandent de remplir un papier administratif et … de payer pour le mouillage (on est sur notre propre ancre). 5€ (le prix affiché sur le formulaire) pour avoir le droit de mouiller dans le port, à la rigueur, ça peut se justifier si on peut prendre des douches, s’il y a un quai ou ponton de débarquement pour annexes ou si des bouées de corps-mort sont mises à disposition, ou même éventuellement au titre de la protection même sommaire offerte par une jetée, ou plus éventuellement encore car on se ‘gare’ sur un domaine plus ou moins privé. Soit. 5 € c’est pas non plus la mer à boire, on accepte donc à contre-cœur (qui a dit « pigeons » ?), histoire de ne pas faire plus de vagues qu’il n’y en a déjà, et on est invités à se rendre au bâtiment des autorités portuaires, situé à bonne distance du mouillage, dès que l’on descend à terre.

En entrant dans ce bâtiment, on a – presque – tout de suite compris. En fait, c’est la maison des fous des 12 Travaux d’Astérix. On arrive, on nous dit d’aller dans ce couloir là à droite, on donne notre feuille à une dame, qui la regarde, la passe à une autre, qui dit « un moment SVP », qui regarde la feuille, l’emmène à l’étage, nous fait poireauter 1/4 d’h, redescend, nous dit « un moment SVP », remonte, nous refait poireauter 1/4 d’h pour finalement nous présenter une facture de … 11.50 € (2 x 5 € + TVA de 15%, car nous apprenons que c’est 5 € par jour indivisible). On s’étrangle … On est honnêtes (oui, on sait, « pigeons »), on vient, à contre-cœur certes, régler ce qui nous est réclamé plus ou moins légitimement (nous apprenons que ce n’est absolument pas eux qui gèrent les douches mais la marina, et de plus ce qui fait office de ponton de débarquement est limite dangereux, mal amarré à un terre-plein escarpé dont le talus s’effondre sous nos pas et qui est même interdit d’accès depuis la terre), on nous fait attendre 1/2 h dans un hall lugubre pour qu’une fonctionnaire fasse 3 photocopies (NDCLFC : on était vraiment les seuls à attendre, on n’a pas attendu « notre tour », on a attendu que Madame fasse la photocopie et la facture (même pas complètement renseignée, la facture !). On aurait dû se douter, en voyant qu’on était seuls, qu’aucun des autres bateaux au mouillage ne venait s’acquitter de ces formalités, et partir en courant…), et on se retrouve à devoir payer 2 jours pour être resté à peine 12h au mouillage sur notre propre ancre dans une baie quasiment ouverte. Comme on s’énerve un peu, un fonctionnaire parlant anglais vient s’occuper de la situation, il nous explique que oui vous comprenez c’est normal c’est notre domaine donc on fait payer (bon, ça à la limite, ok), et que de toutes façons c’est le gouvernement qui a voté ça et que c’est la loi. Ce à quoi nous répondons que ce n’est pas le premier gouvernement qui vote n’importe quoi (on évitera de tenir les mêmes propos dans des pays un peu moins regardants sur la liberté d’expression, promis !), et que c’est malhonnête d’une part de faire payer quelqu’un pour ne fournir aucun service en retour (le port n’est responsable d’aucune manière que ce soit si notre ancre dérape à cause de la mauvaise tenue du fond) sur un mouillage quasiment pas protégé, notablement inconfortable et dénué de toute infrastructure, et en plus de faire en sorte que les tarifs soient faits pour qu’on se retrouve à payer, quoiqu’il arrive, le double.

Au final, au point où nous étions rendus, on a payé (oui oui bon ça va, pigeons, on sait). Nous aurions été heureux de dépenser ces 11.50 euros en cartes postales, en guides de visite de l’île, en fruits et légumes dans une des échopes qui jalonnaient les trottoirs, bref, à faire vivre quelqu’un qui passe son temps à bosser plutôt qu’à racketter les visiteurs. Eh bien tant pis, on n’a rien dépensé de plus dans cette ville, à part pour acheter 2 courgettes, 12 oeufs et un pain. Pas envie de laisser un euro de plus à Funchal, pas envie de s’y éterniser non plus. Pour toute réclamation sur cette attitude, s’adresser à Portos da Madeira.

Enseignements de l’aventure (si ça peut servir à d’autres) :
– Nous n’aurions jamais dû accepter de remplir le formulaire qui nous a été présenté par les racketteurs en zodiac
– Nous n’aurions jamais dû accepter de payer quoi que ce soit, de toutes façons ils ne vont pas lancer une procédure pour 11.50 €, et même, avant tout paiement, nous aurions dû réclamer le texte officiel qui régit les droits de mouillage dans le port la baie. Pas de loi, pas de chocolat sousous!
– Nous n’aurions probablement pas dû arriver un jeudi soir, puisqu’il semble qu’ils font leur tournée le vendredi (ben oui, à la trésorerie de l’adminstration portuaire il n’y a personne le samedi et le dimanche pour encaisser le pizzo de la semaine)

Pour les prochains plaisanciers qui se font aborder dans la baie de Funchal par un zodiac rouge avec 2 fonctionnaires à bord qui essaient de leur refourguer un papier à remplir, n’hésitez plus : « voleur » en portugais, ça se dit « ladrão » (prononcer ‘ladrano’, on a bon, Steph ?).

Après cette mésaventure, nous avons enfin pu continuer notre route vers l’Ouest et la marina de Calheta, où nous étions attendus. Cette fois, les conditions étaient plus clémentes, voire même trop, avec moins de 5 noeuds de vent, et nous ont permis de prendre le temps d’admirer les falaises, cascades et vallées de la côte Sud de Madère …

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On accède aux plantations en bas de la falaise par un ascenseur, que l'on aperçoit sur la droite ...


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Petites maisons et habitations troglodytiques sous une cascade


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Ribeira Brava et sa vallée qui part vers les montagnes de l'intérieur de l'île

Arrivée sans encombre à Calheta, enfin, on allait pouvoir commencer à crapahuter !!


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1 comment to Madère, atterrissage

  • Clairette TABARY

    ben, voilà, c’est bien ça, c’est bien les mêmes falaises, dommage pour l’accueil « ras les pâquerettes ». Pour vos ballades, allez chercher le soleil au sommet des volcans, l’île est souvent prise par les nuages.

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