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Porto Santo

Aux dernières nouvelles, nous avions rallié Porto Santo depuis Cascais, voyage assez satisfaisant en terme de vitesse mais moins grisant côté pêche…

Pour une fois (c’est assez rare pour qu’on le note), nous avons été accueillis au ponton, par des français qui ont essayé de nous causer basque (les petits malins !). C’est toujours agréable d’avoir un coup de main au moment de l’accostage pour amarrer le bateau rapidement – NDTLGP : d’autant plus qu’on n’avait pas sorti le thym, car le thym t’amarre. On se débrouille très bien juste à deux (y compris sur des pontons dénués de taquet, ce qui est ma foi plus compliqué pour attacher les amarres !), mais à plus que deux, c’est sympa.

On apprend à la même occasion que la marina, et Porto Santo en général, sont des lieux très calmes. Parfait ! Visite à la douane – il semblerait que l’Europe n’arrive pas jusqu’ici – puis au bureau de la marina pour la paperasse habituelle, baignade sur la très jolie plage voisine, petite soirée au calme, rangement, et recherche d’une balade pour le lendemain (vivent la Boulette, le wifi et internet…).

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La très belle plage, naturelle, de Porto Santo, qui s'étire sur 9 kilomètres

Pour la petite histoire, Porto Santo, île volcanique de 43 km², a été découverte au hasard d’une tempête, en 1419, par un navigateur portugais. A partir de là, ils sont allés à la découverte de Madère, bien plus grande. Les deux îles n’étaient pas du tout habitées, il n’y a donc pas de très vieux monuments comme on en trouve en Europe. Les plus vieux bâtiments (ça sera surtout valable pour Madère) ont un petit air colonial… Ah oui, et l’autre détail historique, c’est que Cristobal (Colomb) a vécu ici et a même épousé la fille du gouverneur local.

Nous sommes donc partis, lundi matin, vers la ville – 2 km de ligne droite – puis vers les montagnes, plus au Nord. Au fur et à mesure que nous grimpons, la route se rétrécit, de moins en moins de voitures passent, jusqu’au silence complet. La route, en pavés, se termine en lacets sur un parking au pied du Pico Castelo où la plupart des touristes se font déposer pour commencer la balade (hou les petits joueurs).

Nous au moins, on a pu observer sur le bord de la route des palmiers, des cactus, des mini baobabs, des géraniums…

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C'est amusant de voir comment les clalodes (les raquettes) de la base, vertes à l'origine, se sont asséchées et sont devenues brunes, comme un tronc d'arbre...

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Autant j'ai trouvé le nom des clalodes, autant là je n'ai aucune idée du nom de cet arbuste... J'ai juste envie de l'appeler mini-baobab, je trouve que la forme ressemble un peu...

Au programme donc : l’ascension du Pico Castelo, un joli cône volcanique d’une altitude de 437m. Il doit son nom au fait que les habitants de l’île s’y réfugiaient lors des attaques de pirates français.

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Le Pico Castelo, vu d'en bas (au village). Une forme sacrément régulière !!

Le chemin est tout tracé, très bien aménagé. Ce pic a bénéficié d’un programme de (re)forestation il y a pas mal d’années, et au passage, le chemin a été aménagé, pour faciliter l’accès aux cultures en terrasse, la récupération de l’eau dans des réservoirs, le passage des touristes…

Toutes ces marches, ça nous a rappelé des souvenirs... mais il semble y en avoir bien plus qu'à Palaiseau !

La montée est parfumée… Une odeur de miel, de cire d’abeille, indéfinissable, douce, envahit mes narines. Je n’ai pas trouvé quelle plante est à l’origine de ces effluves (ni ruche ni insecte ne se présentent à l’horizon, et je réfute toute explication liée au rhum et à la vodka que nous avions emportés pour nous désaltérer – NDTLGP : oui parce qu’en plus on prend des haltères, pour aller en montagne, les sacs sont trop légers. Et en plus, comme on les a trouvées sur l’île, ce sont probablement des haltères natives).

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De là-haut, derrière les pins "reforestés", vue sur les montagnes environnantes.

Au rayon des photos débiles, l’équipage s’est mis en quatre pour satisfaire son public, qui saura apprécier, nous n’en doutons pas, notre humour du plus haut niveau.

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Hou hou hou une rigole...

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Aire de refuge de ... ??? et illustration de la traduction version Tomtom

Le petit tour sur le Pico Castelo étant achevé, nous continuons avec une boucle autour de la montagne voisine, le Pico do Facho, point culminant de l’île avec ses 516 mètres. Le temps commence à se dégrader, et autant nous étions très heureux de profiter de la couverture nuageuse qui nous évitait à la fois une chaleur écrasante et des coups de soleil, autant là, la pluie, on s’en serait passé…

Mais la vue reste très jolie et vaut la peine de continuer à marcher.

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Cette île est sèche, tout de même, le contraste est frappant avec Madère.

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Et souvent, nous avons droit à la vue sur mer !

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La pluie a fini par se calmer, laissant de jolies gouttelettes sur les résineux du Pico Facho

A la fin de notre escapade sur le Pico Facho, plusieurs possibilités de retour s’offraient à nous :

– boucler la boucle autour du Pico, rejoindre le parking des randonneurs feignasses et revenir sur nos pas pour toute la partie route (ah non, on n’aime pas faire demi-tour !!),

– trouver notre chemin dans un pierrier, rejoindre un sentier qu’on aperçoit là-bas au loin, qui suit la crête d’une montagne voisine et qui descend – peut-être mais c’est pas sûr – sur une route (une autre !) qui nous mènera au port

– idem pour le pierrier, puis couper à travers champs jusqu’à la route (la même que dans la deuxième option). Enfin, « champs », des pierres glissantes, quelques arbres, des herbes hautes.

On a été moyennement sages : on a choisi la troisième option.

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Pierrier au pied d'un pic...

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...suivi d'une courte traversée hors des sentiers battus.

On fait quand même des progrès : pas de grosse chute, pas de griffures, et on a retrouvé la route rapidement. Le retour par la route était moins drôle que le reste de la balade : les nuages ont laissé la place à un soleil assez chaud… En accord avec l’aridité du paysage.

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La végétation se réfugie là où l'eau, par moments, est présente.

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La géologie locale propose des surprises : 3 roches complètements différentes sur une longueur de 3 mètres... Ca a dû pas mal bouger, ici !!

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Et pour finir, une jolie petite église, dont on peut remarquer la fenêtre qui ressemble étrangement à la bouche des Rolling Stones. Ça doit être rigolo, les messes au son de "I can't get no... Satisfaction" !

De retour au bateau, étirements qui ne feront que limiter les courbatures du lendemain, repos, repas… et baignade, cette fois avec masque et tuba.

Ce fut là une idée géniale qu’eût Tomtom d’emporter ce matériel. Nous avons découvert une vie dont nous n’avions pas soupçonné la présence lors de notre baignade de la veille…

Nous n’avons pas fait de « plongée » à proprement parler, puisque nous avions pied ou presque, et que nous sommes restés à la surface (sinon le tuba se remplit d’eau et c’est pas terrible pour respirer). Mais le confort du masque, pour éviter le sel qui pique les yeux et pour y voir clair sous l’eau, c’est terrible !!

Il y avait tout plein de poissons là-dessous !!! En voici quelques-uns, que nous avons réussi à prendre en photo.

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Des poissons qui se déplacent en banc, suçotant les rochers pour se nourrir

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De gros poissons multicolores, eux la jouent perso, on les voit rarement à plus de deux

Et un gros poisson les mains dans les poches...

C’était la première fois que je voyais des poissons évoluer dans la même eau que moi… C’est fascinant, on pourrait passer des heures à les observer, surtout dans une eau à 23°C !! On ne s’imagine pas, quand on nage tranquilou pépère à la surface, qu’il y a tout un tas de poissons qui nous passent quasiment sous la main, sans se soucier outre mesure de notre présence… La première réaction de Tomtom à la sortie de l’eau fut : « Bon, quand est-ce qu’on se fabrique un fusil sous-marin ? ». Espèce de brute gourmande sans pitié pour les petites bestioles, va.

La soirée – voire la nuit – fut quant à elle très décevante. Un vieux et beau bateau en bois, transportant tout un groupe de couillons espagnol, a jugé bon de mettre en place une sono et un karaoké privé sur le ponton, jusque très tard dans la nuit. Enfin, karaoké, je ne sais pas si c’en était vraiment un, puisqu’on entendait toujours la même voix, qui chantait terriblement faux. Les textes affichés partout sur les pontons stipulent pourtant que 2 heures après le coucher du soleil, le silence est de mise. Enfin soit, ils font une petite fête, c’est pas grave… C’est pas grave quelques temps, mais ça le devient, le volume et l’agacement aidant. Je comptais sur nos voisins brittaniques pour souffrir suffisamment dans leur for intérieur de l’insulte faite à leur culture (chanter faux une bonne partie du répertoire des Beatles), mais rien n’y a fait. S’ils avaient osé chanter faux du Brel, du Brassens ou du Piaf, je me serais fait un plaisir d’aller débrancher leur installation, leur expliquant qu’il n’est pas décent de faire retourner ce beau monde dans leur tombe, mais ils sont passé du répertoire anglais au répertoire espagnol… Mais où était donc passé le calme légendaire de Porto Santo ? Pour la peine, après avoir mangé accompagnés de concertos de Vivaldi (à fond !), nous avons oublié notre malheureux sort devant Le Parrain.

Nous sommes partis vers Madère le mardi, vers midi, après une dernière baignade sur la plage – cette fois j’ai vu une sorte de raie, un poisson tout plat et couleur de sable, dont seul les yeux globuleux dépassent du fond, et qu’on ne voit que lorsqu’elle se déplace de quelques centimètres… Pas de photo, ça ne servait à rien, on ne la verrait pas !!


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7 comments to Porto Santo

  • Gnègnès

    Et ben, je vois que vous avez la forme!!!
    La « brute gourmande sans pitié pour les p’tites bestioles », je trouve que tes NDTLGP sont très très marrantes… tu as attrapé froid sous la pluie ?? hihi
    En tous cas c’est très joli Porto Santo, même si un peu aride… j’ai hate de voir Madère !!

    Courage pour tes gambettes Clairette !!!

    Plein de gros bisous

  • mamounnette

    Bonjour à vous deux

    Ça y est, vous profitez de vacances !
    Merci pour les photos !
    Bisous et bon voyage

  • Mamodile

    Je me suis régalée de cette visite guidée ! le journal est très attrayant, même si vous subissez des saccages acoustiques entre autres- de votre environnement. Belle continuation, ds le sillage de Cristobal ? Belles gambettes, Clairette, et… bonne pêche, si vous avez le « coeur » de prélever qqs bons spécimens ! Bisosu

  • Clairette TABARY

    pas de bricolages notoires ce coup-ci? merci de nous avoir fait partager un moment de votre traversée, Claire est splendide à la barre, une vraie sirène, si, si. Contents d’avoir crapahuté enfin? et l’arnica, alors? il n’y a pas qu’en Haute-Savoie que ça grimpe et après 4 jours de mer, les muscles ont besoin d’une mise en route. A Madère, si mon souvenir est bon, vous aurez des grimpettes encore plus conséquentes et des plages surtout en galets, en bas de falaises impressionnantes. Et de belles ballades dans les Caldeiras. Bonne découverte!

  • Mike

    Bonjour,
    Je pars bientôt à Porto Santo avec ma petite famille. J’adore faire du masque-tuba et me prendre moi aussi pour un gros poisson.Je voudrais savoir à quel endroit sur Porto Santo vous avez pris ces photos sous-marines : près du port, près du ponton au niveau de Vila Baleira, le long de la plage, à Praia Calheta ? Merci par avance.
    Amicalement,
    Mike
    PS: votre récit est vraiment excellent !

    • Bonjour et merci pour le commentaire ! Nous gardons en effet un très bon souvenir de Porto Santo et de notre première séance d’observation des petits poissons !
      Nous nous sommes baignés uniquement près du port : il y a deux rochers (qui émergent à marée basse) parallèles à la plage, et c’est là que nous avons passé des heures à pourchasser toutes sortes de poissons. Bon, par rapport à ce que nous avons découvert ensuite dans les Caraïbes et dans le Pacifique, ce n’était finalement pas si spectaculaire que ça, mais on y repense toujours avec un peu d’émerveillement !
      Bon voyage et profitez bien ce cette bien jolie île !

  • Mike

    Bonjour Tomtom,

    Un grand merci pour votre réponse. Votre blog est vraiment très intéressant ! Je suis déjà allé aux Maldives, donc effectivement je ne m’attends pas à trouver la même faune à Porto Santo, mais apparemment il y a quand même un peu de vie sous la surface de l’eau, et même quelques poissons multicolores ! J’y trouverai bien mon bonheur ;o))

    Encore merci.

    Bonne route !

    Mike

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