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Inis Mór

Inis Mór, c’est la plus grande des îles d’Aran, 3 îles essentiellement constituées de pierre, au large de Galway.

J’avais passé, il y a… 6 ans déjà ! un mois sur cette île, pour un « stage ouvrier » qui consistait à s’occuper d’une sorte d’auberge de jeunesse (les lessives, les chambres, les repas… bref, rien de bien compliqué, mais un cadre sympa et une langue à mieux maîtriser). J’avais beaucoup aimé cette île, et je voulais donc présenter à Tomtom quelques-uns des jolis coins qu’elle recèle.

Nous avons donc débarqué, après une nuit de sommeil qui a bien entamé sur la matinée (faut ça pour que Tomtom puisse se remettre des quarts à rallonges qu’il assure pour me préserver), sur Inis Mór. Petite balade dans le bourg, passage à l’office de tourisme pour refaire notre stock de cartes postales (on n’en avait pas trouvé de jolies avant, mais fallait quand même en envoyer avant de partir d’Irlande !), et là, Tomtom m’annonce « Euh Clairette on a un problème… j’ai oublié les sous. » Ni une ni deux, retour à l’annexe, petite séance de rame aller-retour (retour bien contre le vent, c’est fatigant), ça y est on est riches – ou tout au moins, on a une carte bleue et quelques euros…

La balade peut commencer. Mais avant, quelques petites généralités sur l’île…

– l’arrivée : on peut accéder à l’île en ferry, et c’est ce moyen qu’utilisent la grande majorité des touristes, arrivée vers 10h, départ vers 18h. En dehors de ces horaires, l’île est très calme, très agréable. Entre deux, le flot de touristes, qui ne passe à tort qu’une journée sur l’île, se meut, en mini-bus ou en vélo, vers Dun Aengus, le plus grand fort de l’île. C’est un fort préhistorique, très grand et très bien conservé, au bord de la falaise. Il vaut vraiment la peine d’être visité, mais il est loin (pas accessible à pied en une après-midi), l’entrée est payante et il y a plein de monde. Le côté pas très agréable lorsque l’on passe sur le quai au moment d’un déchargement de ferry, c’est qu’on se fait alpaguer tous les 10 mètres « a bus tour ? », « do you need a bike ? » Mais non bande de patates on a des chaussures de rando, c’est pas pour aller s’asseoir dans un fauteuil moelleux non plus.

– la pierre : l’île est toute pierreuse, je l’ai déjà dit, mais vraiment, elle est quasiment tout en pierre. La terre ne tenait pas dessus, à cause du vent… Alors pour y faire paître des bestioles et pour y faire pousser des patates, les habitants ont patiemment remonté le goémon des plages et ont monté des murets de pierre pour éviter que le goémon, petit à petit devenu terre fertile, ne s’envole au premier coup de vent. Aujourd’hui, on a donc une alternance entre de petites parcelles d’herbe délimitées de murets de pierre et de grandes étendues de pierre brute.

mini-17-Murets de pierre et Cliffs of Moher.JPG

Une vue sur le paysage de l'île ses murets

mini-33-Champ de cailloux.JPG

et des champs de pierre, creusés par on ne sait quoi

mini-21-Champ de cailloux.JPG

ou encore des pierres un peu plus rondes, érodées par l'eau ou le vent (NDTLGP : notez que qui érode ôte, ouarf ouarf ouarf)

mini-30-Encore des lapiazs.JPG

et même des lapiazs, créés par le ruissellement de l'eau, comme à la montagne !

Allez, on va se promener. Première étape : Dun Dúchathair, the Black Fort. Un autre fort préhistorique, plus petit que Dun Aengus, mais moins fréquenté. Il donne directement sur la falaise, laquelle est découpée par la mer…

Le Black Fort ressemble à un grand mur de pierres quand on arrive par le chemin :

mini-12-Le Black Fort sur sa falaise.JPG

Bon on n'a pas fait de photoshop pour enlever la silhouette peu gracieuse de la grosse dondon qui a décidé de nous pourrir la photo, mais imaginez sans elle, c'est pas mal...

Et quand on passe de l’autre côté, vers la mer, il reste des structures arrondies, comme des petites chambres…

mini-06-Black Fort.JPG

L'autre côté de Dun Dúchathair

Tout autour du fort, et sur une grande partie de la côte Ouest, on trouve de grands cercles de falaises, creusés par la mer. La mer creuse tellement qu’une bonne partie de la roche se retrouve au-dessus du vide, en porte-à-faux.

mini-09-Oh le joli mouillage !.JPG

Ce jour là, il faisait beau, et déjà, entendre la mer claquer contre la falaise, c'était impressionnant. Alors les jours de grand vent... on ne s'entend plus.

Mais voilà, il n’y a pas que Dun Dúchathair sur Inis Mór, et j’avais l’espoir de retrouver la « piscine », bien plus à l’Ouest, avant de revenir faire un bon dîner. Donc on a marché, sur une route qui se transforme en chemin, toute calme, ne croisant que quelques vaches, chèvres, chevaux et cyclistes. Et des pierres, aussi, partout partout. Un des côtés sympas de cette île toute en longueur, c’est que quand on est assez haut au milieu, on peut voir la mer des deux côtés…

Je ne me souvenais plus trop de l’emplacement de la piscine, et encore moins de son environnement. La surprise était de taille : on a débarqué sur la Lune. Ou sur Mars, parce qu’il y avait de l’eau.

mini-24-... ou sur la Lune.JPG

Des falaises en suspension, et le sol, comme des vagues de pierre, entre cratères et volcans...

Vous me direz, mais où est la piscine ? Un peu plus loin sur Mars, d’abord, on peut admirer la cale de mise à l’eau que Mère Nature a gentiment formée sur une côte pas du tout protégée :

La photo est droite (regardez la mer), et la cale de mise à l'eau descend doucement... dans les vagues

Au détour de quelques pas sur Mars, la piscine apparaît.

Tomtom ne croyait pas qu'elle était naturelle, mais à bien y réfléchir, on n'a pas trouvé par où on aurait pu apporter des tractopelles et des excavateurs...

Retour sur Terre, après ces impressions étranges, pour retourner sur le côté Est de l’île et le longer jusqu’à retrouver mon chouchou, Dun Eochla. Cette partie de la balade a ressemblé à un sprint, car nous devions être à l’auberge pour le dîner à 20h00 pétantes, et on n’était pas tout près… J’ai calculé qu’au total, on a marché une vingtaine de kilomètres sur l’après-midi. Pfiou, fatigant, ces escales…

Dun Eochla, c’est un tout petit fort, très très bien conservé, au sommet de l’île. Il est tout rond. Et personne n’y va jamais, on y est tranquille.

Dun Eochla (enfin un bout seulement, faut préserver le mystère), mon chouchou

Une dernière ligne droite nous a amenés jusqu’à Mainistir House, l’auberge dans laquelle j’avais passé quelques temps, qui se transforme de plus en plus en chambre d’hôtes, sous la houlette de Joël, le propriétaire – cuistot. Joël sert le dîner à 20h00, et il est réputé jusqu’à Dublin pour faire un buffet très bon, plein de légumes (voire végétarien certains soirs). Il faut dire que cuisiner des légumes, utiliser des herbes aromatiques, c’est pas très fréquent en Irlande, et Joël fait tout ça à merveille. Même moi qui ne suis pas très sauces, j’avais mangé à la petite cuillère de sa mayonnaise verte au basilic avec du saumon… un régal.

Le soir est tombé, avec ses belles lumières, sur cette île de pierre, il était temps de retourner sur Schnaps pour préparer la nav du lendemain (direction Dingle). Notre rando avait été longue, pleine de belles pierres, rythmée sur la fin, et j’étais heureuse d’avoir pu partager un peu de ces pierres avec Tomtom…


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2 comments to Inis Mór

  • Mamodile

    Quel beau et détaillé complément à votre carte postale ! Et, en plus d’en avoir plein les yeux, on a l’eau à la bouche des saveurs proposées. Toujours fidèle-s- à la lecture et…. toujours mes voeux de mieux être pour Clairette, et donc pour tous les deux.

  • mamounnette

    Merci pour ces belles photos qui me rappellent de bons souvenirs d’Inis Mor et de l’auberge où tu nous avais réservés une super belle chambre avec vue sur la mer en 2004 !
    Bon voyage à vous deux !

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