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Cherbourg > Granville

Avec escale à Jersey, du 12 au 14 août 2009

Enfin ! Je suis beaucoup moins malade… pas au point d’aller cuisiner en nav, je laisse cette mission à mes co-équipiers, mais je peux barrer, je commence à prendre des quarts (pas toute seule, j’ai encore bien des choses à apprendre à la voile !!) et mine de rien ça permet aux autres équipiers de dormir un peu plus.

La voile c’est quand même bien plus sympa quand on n’a plus le mal de mer, quand on peut manger sans risque de nourrir les poissons dans les minutes qui suivent, quand la météo est un peu meilleure…

Donc, départ de Cherbourg après une journée de bricolage et un bon repas chez Damien, en calculant l’heure de départ pour passer le Raz Blanchard avec le courant, c’est-à-dire dans la nuit. La mer, relativement calme, s’est rapidement mise en branle (et nous avec) au large du Cap de La Hague, Schnaps virevoltait avec les vagues et je n’étais même pas malade (je barrais, ça aide) !

Il parait qu’on a fait une pointe à 9,7 noeuds sur le fond (il y a plusieurs vitesses : la vitesse par rapport à l’eau, la vitesse par rapport au fond, qui prend en compte les effets du courant – là il était avec nous, on n’en a pas fait tous les jours du 9,7 noeuds !). Une fois le Cap de la Hague passé, la mer s’est calmée. On est ensuite descendus vers le Sud tranquillement, en passant tout près du banc de la Schôle, pour faire le tour de Jersey par l’Ouest et enfin atteindre le port de Saint Hellier, tout au Sud de Jersey.

En toile de fond, j’apprends à comprendre les cartes marines, les signes +++ qui signifient « épave », +++ entourés en pointillés ils signifient « épave potentiellement dangereuse pour les bateaux qui passent au-dessus », à aller chercher dans le bloc marine les pages des courants, pour comprendre quand il faut prendre le tapis roulant qui nous emmène dans le bon sens… Faire le point et noter sur la carte où on est, ça sera pour plus tard : je n’ose pas rester trop longtemps à l’intérieur de peur d’être malade.

Nous arrivons donc à Jersey vers midi, Tomtom me propose de prendre la barre pour entrer dans le port. Ce que nous ne savions pas, c’est que le port de Jersey n’est pas fait pour les grands formats comme Schnaps, en tous cas pas pour les grands formats aux mains d’une Clairette qui ne maîtrise pas les manœuvres. J’ai l’impression que le bateau est énorme, qu’il va toucher à bâbord et à tribord, qu’on ne va jamais rentrer entre les pontons… En fait, si, on est rentrés entre les pontons, tout va bien, et, soulagée d’être entrée, je continue tout droit au lieu de virer sagement dans la place qui m’était offerte, à tribord. Manque de bol, c’était la seule place qui convenait pour Schnaps… Cul de sac, je lâche la barre pour la laisser à quelqu’un de plus compétent, frustrée d’avoir raté ma première manœuvre de port. Ceci-dit, après-coup, la trace GPS que l’ordinateur a enregistrée en a fait rire plus d’un…

Arrivée au port de St Hellier. Rassurez vous, on n'a pas démoli les pontons, c'est juste la fréquence d'enrigstrement des positions GPS et les quelques mètres d'écart avec la position réelle qui donnent cette illusion. En plus, les pontons n'étaient pas vraiment arrangés comme ça !

Arrivée au port de St Hellier. Rassurez vous, on n'a pas démoli les pontons, c'est juste la fréquence d'enregstrement des positions GPS et les quelques mètres d'écart avec la position réelle qui donnent cette illusion. En plus, les pontons n'étaient pas vraiment arrangés comme ça !

En bons franchouillards, nous redoutions l’arrivée en terrain rosbif, il faut l’avouer (d’ailleurs c’est ce stress qui m’a fait rater ma manœuvre de port, tiens, mettons-lui ça sur le dos !). Comme nous sommes polis, nous avions tout de même hissé le pavillon britannique à tribord – son petit nom à celui-là, c’est « pavillon de courtoisie » : on hisse le pavillon du pays qui nous accueille. Mais on est quand même français, chez les rosbifs : les pièces babord sont armées, le stock de sonneries de la marine française est enregistré sur l’ordinateur de bord, les hauts-parleurs à fond sont prêts pour les couleurs.

En fait, l’ennemi anglais était très sympa : accueil à la capitainerie sans faute, wifi gratuit, douches gratuites et propres .. du coup on leur a épargné les couleurs à notre départ (3h du mat, en plus).

Une bonne sieste, puis découverte de Jersey : Tristan a fait les soldes, Boris a promené Titosaure, on a tous écouté une fanfare de métalophones qui reprenait toutes sortes de musiques (y compris les Beatles !), puis, territoire British oblige, nous avons dégusté un fish & chips chez Hector’s. Une adresse que nous recommandons chaleureusement, à la fois pour le fish & chips et pour le gérant… Girouette s’est faite draguer ( « Vous saviez que la girafe est l’animal qui a le cœur le plus puissant, et qu’elle a des clapets anti-retour dans le cou pour pouvoir boire ? »), le couple d’ados de la table à côté a été interrogé sur ses pratiques romantiques ( « et ton copain, il te léchouille les orteils ? »), la mamie de derrière a reçu une proposition incandescente… et on a bien rigolé.

Re-sieste pour un départ à 3h du matin, juste avant la fermeture des portes du port. Saint Hellier est un port à marée (NDTLGP : et Schnaps y est amarré Grin), c’est-à-dire qu’une porte « ferme » le port quand la mer commence à descendre pour y conserver un minimum de hauteur d’eau. Ce type de port existe là où le marnage est très important. Dans certains ports, Granville par exemple, les portes sont remplacées par un muret sous l’eau : à marée haute, il y a suffisamment d’eau pour passer par-dessus le muret sans y laisser un morceau de quille, à marée basse on n’entre pas et on ne sort pas du port.

Direction Granville ! Jolie petite balade (mais pétole, donc XUD), vue sur les Minquiers, sur Chausey, sur le Mont Saint-Michel au loin, pour arriver dans le port de Granville accompagnés d’une foule de méduses.

Rayons de soleil entre St Hellier et Granville

Rayons de soleil entre St Hellier et Granville

Cette fois encore, nous avons reçu un accueil très sympathique de la part de la capitainerie de Granville, wifi et douches gratuits, nous avons pu voir un peu plus tard dans le convoyage que la qualité d’accueil de Granville n’était pas la norme partout…

Le port de Granville à marée basse : un muret retient l'eau pour maintenir les bateaux à flot !

Le port de Granville à marée basse : un muret retient l'eau pour maintenir les bateaux à flot !

Petite promenade dans la ville haute, des vues magnifiques sur la mer sous un soleil très agréable, pour finir par un barbecue chez Damien (encore lui ! il nous suit à terre…). Et encore du champagne à la santé de Schnaps, il aura été arrosé !!

Bora-bora ? Antilles ? ... eh non, Granville Beach !

Bora-bora ? Antilles ? ... eh non, Granville Beach et les Iles Chausey !

On en a profité pour récupérer des équipiers en plus pour la suite : Damien et Carole (son amoureuse), et Angélique (l’amoureuse de Boris), départ prévu à 23h pour sortir du port à marée haute.

La suite au prochain épisode : Chausey et ses doris…

Bilan de la traversée : météo plus sympa (normal on se rapproche de la Bretagne), navigations plus courtes, et beaucoup moins de soucis techniques ! Juste un court-circuit derrière le tableau électrique, ayant fait griller le fusible de la centrale de navigation et donc du pilote, rapidement localisé et réparé à Jersey.


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