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Les Iles Chausey

Du 14 au 16 août.

Après la belle soirée passée à manger des grillades en haut des falaises de Granville, face au soleil couchant, nous rejoignons le port et appareillons de nuit pour un week-end aux îles Chausey, petit archipel que nous avions croisé en arrivant, à quelques milles au large.

Damien que nous avions donc croisé à Cherbourg et retrouvé 2 jours plus tard à Granville (oui, faut suivre, prenez des notes si il faut !) nous avait en effet proposé d’aller prendre part aux régates de Chausey, courses de doris (à rame) dans une ambiance très décontractée. Etant donné qu’il connait le coin, pas forcément bien pavé, l’archipel étant formé d’innombrables roches recouvertes à marée haute, pas de problème pour aller dire bonjour de près aux cailloux, surtout avec notre tirant d’eau relativement peu important.

Carte marine des Iles Chausey ...

Carte marine des Iles Chausey ...

... vous avez dit mal pavé ?

... vous avez dit "mal pavé" ?

2 petites heures de légère brise portante plus tard, nous arrivons face au mouillage, dans le Sound à l’entrée duquel est mouillé le Belem, entièrement illuminé telle une cathédrale de mâts, de vergues et de cordages s’élançant vers le ciel. Bon, une fois de plus, je m’égare, le train de ma prose dévalant sans vergogne la pente douce qui le mène à la voie de garage du hors-sujet certes lyrique, mais pas moins hors-sujet.

Le Belem, mouillé devant le Sound.

Le Belem, mouillé devant le Sound.

Quelques longueurs de plus, et nous voilà prêts à passer enfin une vraie bonne nuit presque complète (ce qu’il en reste en tous cas), aussières frappées sur la bouée des Epiettes, dédiée normalement au bateau des douanes (ou je sais plus quel navire officiel, toujours est-il que le week-end des régates de Chausey, il est pas là, le navire zozofficiel). Le problème avec cette bouée, c’est qu’elle est en ferraille, et quand elle vient malencontreusement taper contre la coque, par exemple lorsque le vent et le courant s’opposent, ça fait des gros « schblongs », non seulement désagréables pour les occupants de la cabine avant (Clairette et moi), mais aussi et surtout pour la coque du bateau … Bref, au bout de 2 « schblongs », ce sont une Clairette et un Tomtom en petite tenue (NDCLFC : moi je trouve que c’est pas clair, votez dans les commentaires pour nous départager, mais je préciserais qu’on était tous couchés donc en pyjama – ou en caleçon pour Tomtom – ce qui équivaut à une « petite tenue ») qui sont allés consolider la protection constituée de pare-battages entourant la bouée. Dodo tranquille, enfin !!

Navettes entre le bateau et la cale, on voit la bouée en ferraille

Navettes entre le bateau et la cale, vas-y Damien, tu y es presque (on voit la bouée en ferraille)

A l’aube Au petit matin Après une petite grasse matinée, c’est un fort joli spectacle qui attend les 7 occupants de notre beau voilier arrivé en pleine nuit : grand beau temps, des petites îles partout autour de nous, un petit village sur la plus grande d’entre elles … Une fois le petit déjeuner pris, gonflage de l’annexe, rotations entre la cale et le bateau pour emmener tout le monde à terre, inscription aux régates de l’après-midi et visite de la Grande Ile de Chausey. Manque de pot, un banc de brouillard bien opaque nous a engloutis pendant une bonne partie de la promenade. Mais lorsqu’il s’est levé, quel spectacle ! Des rochers aux formes bigarrées, des îlots, des petites criques … je vous laisse apprécier par vous-même :

Petit promontoire rocheux

Petit promontoire rocheux

Les 3 sorcières (je sais plus si c'est vraiment 3 sorcières, Damien, mais en tous cas je me souviens que ça a un nom :)) ...

Les 3 sorcières (je sais plus si c'est vraiment 3 sorcières, Damien, mais en tous cas je me souviens que ça a un nom Big Smile ...

... et leur éléphant !

... et leur éléphant !

Le Sound, rempli de bateaux au mouillage.

Le Sound, rempli de bateaux au mouillage.

Au retour, Schnaps n’est plus tout seul sur sa bouée, il s’est fait des copains : 4 autres bateaux, dont 1 promène-couillon – faudra quand même surveiller les fréquentations de notre bateau – arborant fièrement (pourtant, entre nous, ya pas vraiment de quoi être fier) un drapeau rouge orné de l’Union Jack. En passant leurs aussières, ces gentils voisins ont défait les protections en pare-battage qui empêchaient la bouée de taper notre étrave. Schblong, schblong, schblong. Sympa … Notre délicat (en plus d’être impoli et désagréable) voisin de bâbord a même eu la délicatesse, au passage, de nous érafler le côté de la coque, à la hauteur de l’adhésif bleu renforçant la ligne de livet. Sympathique, encore. Bref, une bonne demie-heure passée à mettre la grosse bouée entre les 2 plus gros bateaux de la « grappe », et on n’en parlait plus, sauf lorsque nous devions envoyer promener un bateau à la recherche d’un corps-mort (non, en mer, un corps-mort n’est pas un cadavre) souhaitant se greffer sur « notre » bouée !

Libérés de ces contraintes bassement matérialistes, nous pûmes (be oui, on avait pas pris de douche) nous consacrer aux choses sérieuses. La tension pouvait s’élever d’un cran avant la formidable et terrible épreuve de l’après-midi. Elle était déjà palpable au moment du repas. Chacun savait ce qu’il lui restait à faire. Ne pas finir dernier aux régates pour échapper à la vaisselle. Tel était l’enjeu. 3 couples : Carole et Damien, Angélique et Boris, Clairette et Tomtom. Pour les premiers, l’avantage du terrain : ils jouent à domicile, et connaissent les juges qu’ils ont probablement soudoyés auparavant. Mais les seconds, à condition d’échapper au contrôle anti-dopage, peuvent créer la surprise, Boris s’étant enfilé 3 kilos de pâtes à la crème fraîche et au poivre, minutieusement préparés à l’insu de tout l’équipage, stockés et absorbés en cachette pour tromper la vigilance des adversaires. Les troisièmes, trop intègres et loyaux pour solliciter une quelconque bienveillance de tel jury ou telle commission anti-dopage, pouvaient à la fois se reposer sur l’expérience de Clairette à l’Aviron Club d’Auray et la bonne volonté légendaire d’un Tomtom trouvant que de toutes façons, l’aviron c’était un sport de cons.

Préparation au départ. On distingue clairement Carole et Damien sur le gros zodiac gris, avec le jury.

Préparation au départ. On distingue clairement Carole et Damien sur le gros zodiac gris, avec le jury. (Photo Tristan)

Le départ tarde à être donné. En cause, le ferry qui manœuvre. Balivernes. On sent déjà que les locaux de l’étape ont donné leurs consignes pour biaiser le cours naturel des choses. Rien ne se fera à la régulière. Les corps se tendent, prêts à propulser les fiers doris sur les rails de la victoire. Plus que quelques secondes, 3, 2, 1, c’est parti, les avirons s’arque-boutent, l’écume vole, les étraves fendent les flots pour partir à l’assaut de l’Anglois belliqueux … euh non, la vaisselle, pardon, la vaisselle … Dès les premiers coups de rame et presque sans aucun effort, bénéficiant d’un tourbillon de courant traître et ravageur, Carole et Damien sont devant les deux autres, aux avant-postes de la flotte d’une dizaine de bateaux. C’est une véritable course dans la course qui se déroule sous les yeux des spectateurs hébétés. Angélique et Boris ont aussi pris un bon départ, au coude à coude avec Clairette et Tomtom, qui se démène avec son aviron bâbord (enfin tribord, mais comme on est à l’envers ben c’est bâbord, sport de cons, j’vous dis) qui est plus petit que le tribord, enfin le bâbord, enfin l’autre, quoi … bref, impossible d’aller droit. Le sort semble avoir décidé de l’issue du combat. A cet instant de la partie, alea jacta est, comme dirait l’autre. Ou presque. Alors que les Granvillais caracolent logiquement en tête (ils ont soudoyé le jury et jouent à domicile, ne l’oublions pas), la première bouée est virée – dans les 2 sens, manœuvrabilité réduite oblige – en dernière position de la flotte pour Tomtom et Clairette, alors qu’Angélique et Boris ne sont pas loin devant. Amorçant une remontée spectaculaire à l’avant-dernière place, un coup du sort (encore lui) frappe à nouveau Tomtom et Clairette : le sus-cité aviron babord décide de se faire la malle, et de continuer la course tout seul. La confusion devient totale lorsque Clairette, persuadée que Tomtom veut se jeter à l’eau pour rattraper l’aviron déserteur (et/ou finir à la nage), cherche à l’en empêcher à tout prix. On ne saura jamais si c’est la rage de vaincre ou la maladresse, ou une dangereuse combinaison des deux qui fut à l’origine de ce fâcheux incident, qui coûta probablement une vaisselle aux deux principaux protagonistes de ce blog. Ceci dit, le terrain était tout de même très lourd, et les sangliers avaient très probablement dû manger tout un tas de cochonneries.

Bref, on a fait la vaisselle (j’arrête la 3ème personne, maintenant, c’est un peu surfait), même si on a fini avant-derniers de la flotte, et qu’on aurait pu, si on avait été réglo, apporter la vaisselle aux deux derniers de la série.

Une fois achevé ce court mais intense épisode (on me dit dans l’oreillette que ça commence à faire long, ce billet, quand même …), rien de tel qu’une bonne nuit pour se remettre de nos émotions. Une partie de l’équipage passe néanmoins la soirée à terre, remise des lots oblige : une ponceuse vibrante, une sauteuse en fonte, un magnifique plateau en plastique, un cadre, et une superbe balance de cuisine. Jolie moisson !

Le soleil se couche après une journée riche en animations et émotions !

Le soleil se couche après une journée riche en animations et émotions !

Le lendemain, nous quittons la bouée relativement tôt, histoire de pouvoir faire une petite promenade dans l’archipel avant de rentrer sur Granville pour la relève partielle de l’équipage. Damien nous guide à travers le Chenal Beauchamp, qui traverse les Iles Chausey du Sud au Nord … Une très jolie ballade au milieu des cailloux, qui s’achève sous le soleil … pour laisser Angélique, Carole et Damien à Granville et récupérer Stéphanie et Agnès pour la deuxième moitié du périple, à suivre dans le quatrième épisode de l’aventure : l’entrée dans les eaux territoriales bretonnes, le nouveau pays de Schnaps !


Bilan de l’étape : Finalement, Clairette n’insistera plus pour me faire découvrir l’aviron, qui est de toutes façons – tout le monde le sait bien – un sport de cons, et en plus ça rime (NDCLFC : ignare, inculte, tu perdras jamais ton ptit bidon – et ça rime aussi – et de toutes façons mes copines rameuses elles sont bien plus fortes que toi).


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3 commentaires pour Les Iles Chausey

  • Hobbes

    %§Moi je (r’eouve que paqpa ilk aq raikson on comprend tgrfès très bien aqujed c’est laq nuit etg c’est le plujs fortr des pqapas

    voilà

  • Tristan

    pfiouuuu ! ça bien du bien de rigoler tout seul après uen journée de boulot ! il est énorme ce post, j’en pleure encore.
    par contre, Hobbes, c’est pas très gentil de prendre partie comme ça pour un de tes parents surtout quand tu es un peu de mauvaise foi : on comprend bien ok, mais c’est juste qu’on comprend pas comme il faut. D’où cette question que Spinoza nous pose : qu’est-ce que la compréhension dans la finitude de nos vies ? (ce qui renvoie aussi à cette autre question du philosophe à sa femme « est-ce que tu peux me passer le sel ? »,mais c’est un autre débat dans lequel je ne risquerai pas de m’engager ainsi sur la place publique).

    PS: pour les photos, promis juré (rouuuiit, thooo!) je les mets sur ftp ce we.

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