mars 2019
L M M J V S D
« Jan   Avr »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Refit, les premiers pas

Avis aux lecteurs : vous entrez dans une période d’articles de bricolage. Ou de peu d’articles, ne promettons pas si vite une ribambelle de nouvelles : on risque d’avoir assez à faire avec les boulots, la marmaille et ledit bricolage pour ne pas avoir envie de passer du temps à raconter notre vie.

Si vous avez bien suivi, vous savez qu’on vit maintenant en appartement. Ça nous fait un peu bizarre, c’est certes bien pratique d’avoir une machine à laver et un lave-vaisselle à portée de main, un garage pour ranger du bazar, garer les voitures et les vélos, mais ce n’est pas notre rêve de vivre dans un endroit qu’on ne peut pas déplacer. Et puis faire comme tout le monde, ce n’est pas notre truc. Mais ça peut être pratique le temps de refaire une beauté à Schnapsou…

On pensait donc qu’il nous suffirait d’arriver à Auckland, d’aller voir des chantiers, de leur expliquer ce qu’on veut faire faire, et de faire faire. Il y a pas mal de chantiers à Auckland, donc on pensait avoir le choix. On a assez vite déchanté quand on a reçu des devis, pas forcément complets, mais toujours avec un montant 4 à 5 fois plus élevé que ce à quoi on s’attendait. Ce n’était malheureusement pas une erreur, ou un chantier qui essayait de nous décourager de leur donner du boulot, c’est juste Auckland. Un brin désappointés, nous avons donc appelé Daddy Doug – chez qui nous avions sorti Schnaps en arrivant en Nouvelle-Zélande – pour lui demander conseil. La réponse a été assez directe : ah mais les enfants, faut pas faire ça à Auckland, venez donc à Kerikeri, ya mon voisin Dave qui va vous faire du très bon boulot pour un prix raisonnable. Si on avait su, on lui aurait demandé conseil plus tôt, et on n’aurait peut-être pas emmené Schnaps à Auckland…

Bref, une autre demande de devis, quelques échanges au téléphone, par mél et autour d’une bière, l’espoir est revenu : Dave et Julie on l’air de gens simples, honnêtes, bien, on a l’impression d’être sur la même longueur d’onde, leurs prix ont l’air corrects, donc on a décidé de leur confier Schnaps.

Évidemment il ne suffit pas de décider. Outre le « project management » pour planifier le déplacement de Schnaps, on a passé quelques week-ends à démonter pas mal de ce qui pouvait être démonté. Toute la plomberie y est passée : tuyaux, robinets, éviers, vaches à eau, pompes, chauffage, tuyau d’échappement du chauffage – et même si Schnaps est bien vidé, il n’est pas superflu de rappeler que pour enlever un tuyau d’un coffre, il faut parfois vider ledit coffre de tout ce qu’il contient, avant d’aller s’y faufiler dans des positions improbables… L’électroscan a revu la lumière, ce qui a pris une demi-journée à Tomtom et nous a valu des odeurs assez désagréables. Les toilettes sont encore à bord, mais pas pour longtemps.

Euh les parents vous avez fait quoi du carré ? C’est quoi ces vaches à eau bleues dans la cale ?

Le carré est en mode parois dévissées et entassées, l’éolienne est descendue de son mâtereau (c’est lourd, une éolienne !), on a décoincé le guindeau (ce qui veut dire qu’on pourra le démonter, enfin on espère), on a enlevé et dit adieu à la capote et au taud de pluie après presque 10 ans de bons et loyaux services.

Margo barre à la marina pendant que Tomtom démonte l’éolienne
Paul nous a bien aidés à démonter la capote, Schnaps a l’air tout nu

Petite séance découverte avec les enfants (ils avaient bien mérité ça après un week-end sur Schnaps avec les parents qui bricolent) : on a ouvert notre radeau de survie périmé depuis des années. On a fait ça sur un parking, et il s’est ouvert tout comme prévu. Les enfants ont beaucoup aimé la « tente », c’est pas sûr qu’ils aient compris que cette « tente », quand elle est ouverte dans ses conditions d’utilisation théoriques, est synonyme de galère et d’inconfort… Ceci dit c’est plutôt bien fait, c’était chouette de découvrir un radeau de survie sur un parking.

À la découverte du radeau de survie
Deux têtes qui sortent de la cheminée
C’est pas tout ça mais faut dégonfler avant de pouvoir mettre tout ça à la poubelle
En mer il y a moyen que les demi-coques coulent, mais sur le parking rien n’arrête les petits rameurs

Et puis on a préparé le démâtage : on a enlevé les voiles, le lazy-bag, la bôme, le tout en déplaçant Schnaps à Gulf Harbour, un brin au Nord d’Auckland, un jour sans vent.

Démâtage à Gulf Harbour, c’était fait en une heure grâce à la préparation faite avant (dévisser les ridoirs, débrancher les câbles, tester sur Catia comment on pourra poser le mât dans le balcon avant…), pour une sortie de l’eau immédiate avant de poser Schnaps sur un magnifique camion rouge. Le chantier de Dave n’est pas tout près de l’eau, donc il fallait mettre Schnaps sur un camion de toutes façons, et on a fait le choix de lui faire faire plus de route que de mer pour nous économiser du temps de navigation, le risque de devoir naviguer dans des conditions météo pas garanties, la question « mais qu’est-ce qu’on fait des enfants pendant minimum 48 heures sachant qu’on ne peut pas les prendre à bord vu que le bateau n’est pas habitable? », et l’organisation logistique de se retrouver sans voiture 300km au nord d’Auckland.

Démâtage avec un gros forklift
Sortie de l’eau

Si on exclut le fait que la dérive, qu’on avait prévu de désolidariser de Schnaps et de jeter, n’a pas collaboré (elle est toujours dans la quille), tout s’est bien passé. Les gréeurs étaient très corrects, les gars du travel-lift moyens, la dame qui s’occupe de l’administratif du travel-lift odieuse, mais les camionneurs absolument géniaux. Super calmes, sympas, rassurants, prêts à aider, ils inspiraient confiance. Et ils avaient un beau camion rutilant. Tomtom disait, après coup, que c’est plus facile de donner de l’argent à certaines personnes (en l’occurence Exclusive Boat Haulage, les camionneurs) qu’à d’autres (Mme Odieuse de Gulf Harbour – de toutes façons Gulf Harbour c’est très moche, ça fait faux décor de cinéma de mauvais goût).
On a un peu suivi Schnaps sur son camion, pas facile de faire passer un bateau dans des rues où les fils électriques pendouillent bien bas !

Schnaps sur son beau camion

Schnaps est maintenant à Kerikeri, dans un hangar, en attendant son tour pour ses travaux. On va donc passer un certain nombre de week-ends à Kerikeri avec Schnaps…

Mais en attendant, comme on a vidé bien d’autres choses de Schnaps (à peu près tout le matos purement bateau qui y était resté), via le principe des vases communicants, on a rempli l’appart de bazar. On a senti les nombreux chargements de chariots à la marina, les remplissages et vidages de coffres, les chargements d’ascenseurs, l’envahissement du « carré » de l’appart, et les soirées et week-ends à organiser le rangement du bazar. Qui l’eût cru ? On a réussi à caser tout ça. Il n’y a plus de place ni sous les lits, ni dans les placards, ni dans le cagibi dans le garage, ni derrière la machine à laver, ni nulle part.

Rassurez-vous, l’appart ne ressemble plus à ça !

Cet article en PDF


2 commentaires pour Refit, les premiers pas

  • DIAZ Claire

    Moi, j’aime bien aussi le gros camion rouge et puis qui a dit que les demi-coques ne pouvaient pas être amphibies, grâce à deux petits matelots motivés? la preuve en image. Le vaillant Schnaps est reparti pour un tour, il est comme les chats, il a encore combien de vies devant lui? j’ai hâte de voir le nouveau look mais je suppose que ce n’est pas pour tout de suite, vu le pronostic de l’équipage.

  • François TABARY

    Eh ben, gros travaux en perspective… et gros budget. C’est du sérieux. Interventions sur le look, mais aussi sur la structure et la sécurité, je suppose. Heureusement que Paul et Margo vont donner un coup de main. Bon courage. Bises.

Envoyer un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>