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Bay of Islands : premiers pas en Nouvelle-Zélande

La voilà, la Zouvelle-Nélande (comme disent les petits), à nous Aotearoa (le pays du long nuage blanc, comme disent les maoris) !

Nous avons commencé notre séjour ici sur les chapeaux de roues. Arrivés le 24 septembre au matin, nous étions , et à peine avions-nous rencontré les douaniers que nous savions – entre autres considérations sur les stratégies respectives des entraîneurs français et néo-zélandais – que le bar du yacht club le diffuserait le soir, à deux pas de Schnaps. Ça commençait bien. Ensuite, on a couru partout pour trouver des douches chaudes et bien méritées, laver le bateau, louer une voiture, retirer quelques kiwi-sous (très jolis d’ailleurs, tant les pièces que les billets), acheter des légumes, de la viande, et – vue la taille du rayon – du vin local pour commencer à le goûter, etc, etc.

Nous avions bien mérité nos premières bières néo-zélandaises devant un beau match de rugby. Juste nous deux, en maillot de l’équipe de France, et 50 kiwis. Il faut dire qu’on est arrivés tôt en saison, et on est quasiment le seul voilier arrivé des Fiji (suivront, les jours qui suivent, un italien-belge-allemand, nos copains suédois, et au bout d’une ou deux semaines Églantine, un couple de français). Le match, donc. Les 10 premières minutes furent fantastiques pour nous, un peu moins pour le public kiwi tendu et silencieux, et puis la supériorité All Blacks s’est fait sentir, les kiwis se sont détendus, et les All Blacks ont gagné, comme on sait. Nous, on s’est gentiment fait chambrer (« Vive la France » avec l’accent néoZ), et on a papoté avec nos voisins qui étaient quand même étonnés de voir déjà un voilier arrivé, mais vous n’êtes pas un peu trop tôt ? Si si mais yavait le rugby. Ils comprennent tous ça : 99% des kiwis sont à fond sur le rugby, même les postières sont au courant de la façon dont l’entraîneur du Japon gère son équipe…

Ça, c’était le premier jour. Le deuxième jour, on a fait une virée à Auckland pour retrouver ma copine Mumu, qui était là pour le rugby. Deux bonnes années auparavant, quand je l’avais appelée pour lui annoncer qu’on partait à la voile autour du monde pour arriver en Nouvelle-Zélande, c’était une des seules à ne pas avoir dit « ah bon ? mais ça vous prend d’où cette idée ? » ou encore  » ouahh c’est super » mais « en septembre 2011 en Nouvelle-Zélande ? c’est parfait, j’y serai aussi ». Promesse tenue ! Certes, les organisateurs de son voyage ne nous ont pas laissé beaucoup de souplesse et on ne pouvait se voir que ce jour-là, mais comme on a réussi on était contentes. Nous avons profité de cette virée pour regarder un peu les paysages sur la route : des collines, du vert, des moutons, des collines, une petite ville, du vert, des vaches, c’est fait pour nous plaire – et aussi l’architecture locale. Tout n’est pas de notre goût, mais on a vu assez de jolies maisons (dont certaines en bois brut, non vernis ou peint) assez chouettes, donc on pourra construire quelque chose de bien d’ici quelques temps. Même Auckland, qui est une ville et on n’aime pas franchement les villes, nous a paru accueillante, aérée, pas mal pour une ville. Un peu trop de touristes français ce dimanche-là, mais en temps normal ça doit être raisonnable.

Il faut dire qu'on a été accueillis par un paysage de choc, ça a peut-être contribué à ce qu'on apprécie Auckland. Pour celles qui ne reconnaissent pas, il s'agit de Dan Carter - star du rugby néo-zélandais - en slip...

Et sur le chemin du retour, on a commencé à s’installer : on a ouvert un compte, on a un téléphone portable et on a même souscrit à des cartes de fidélité. Du rapide.

Bref, retour à Opua, notre base, pour quelques jours… Le temps de regarder les prix des places pour les prochains matchs, de se dire qu’il n’y en avait pas beaucoup à un tarif raisonnable, de se décider à peut-être aller voir Galles-Fidji à Hamilton parce c’était abordable, de rencontrer Sean de la marina en comparant les locations de voitures (le meilleur c’est, dans le hangar de l’autre côté de Baffin Street), de papoter avec lui et qu’il nous propose deux places pour Écosse-Angleterre à l’Eden Park à moins que moitié prix, allez hop, vendu. Nous revoilà donc en vadrouille sur roues pour voir un vrai match en chair et en os, cette fois, chanter « O flower of Scotland », soutenir les Écossais de notre mieux et être un peu tristes avec eux que les Anglais gagnent au dernier moment, profiter de l’ambiance très conviviale du stade…

Girouette s'entraîne pour sa carrière internationale, en jouant dans les gradins avant d'aller sur la pelouse de l'Eden Park. Malheureusement pour elle, Hobbes aussi s'entraîne. Encore heureux qu'on n'ait pas emmené Galipette.

Le programme pour la suite c’était de faire une semaine de camping et d’aller jusqu’à la pointe nord (Cap Reinga) mais la météo en a décidé autrement. Après une nuit dans la voiture (une Nissan micra c’est vraiment trop petit pour ça) puis une nuit dans un wagon réaménagé en chambre pour laisser passer les grosses draches de la nuit, on a décidé de revenir au creux de Schnaps pour cause de temps pourri. On a quand même fait de jolies petites balades…

Tane Mahuta, le plus gros Kauri de Nouvelle-Zélande, 2000 ans et 17 m de tour de taille. Il n'y a pas de quoi voir l'échelle, mais c'est immense.

Les fougères sont partout, sous la forme d'arbres-fougères. Et des bébés fougères se déploient comme des serpentins !

La rivière de Waitangi

Et là, comme Tomtom a eu un petit coup au moral, du fait de se retrouver sans objectif après un an et demi à voguer vers la Nouvelle-Zélande, on a décidé de se mettre à refaire nos CV, rechercher des offres d’emploi sur le net, et refaire l’antifouling de Schnaps.

Bien nous en a pris : on a sorti Schnaps chez Doug, dans un micro-chantier, dans une toute petite baie toute verte. On avait bien aimé, déjà, en passant le long d’une promenade, ce système de rail descendant vers la mer, sur lesquels roulent des « berceaux » pour accueillir des bateaux. On a beaucoup aimé aussi la maîtrise de Doug à la sortie du bateau, le soin qu’il a pris de Schnaps, son bureau en plein air, sa gentillesse, ses histoires rigolotes, ses « piece of cake » (littéralement « part de gâteau », mais ça se traduit « les doigts dans le nez ») quand on lui a raconté qu’on voulait trouver du boulot et s’installer ici. On a également rencontré Darren et Wendy, qui tiennent Great Escape, une petite location sympathique de voiliers au bord du chantier, tout aussi agréables que Doug, et tout ça nous a permis de travailler notre anglais et notre compréhension des accents du coin. Ah, aussi, de repeindre la coque de Schnaps et de lui redonner une allure très classe.

Doug's office

Schnaps sort sur les rails, comme sur des roulettes !!

Pour voir d’autres photos (y compris de nous, mais surtout de Schnaps repeint) faut aller voir sur Picasa.

On a quand même exploré quelques mouillages autour d’Opua, pas bien loin… mais la météo ne s’y prêtait toujours pas ! et visité Russell, une des premières villes de Nouvelle-Zélande, qui fut un temps le lieu de perdition de tout le Pacifique, et qui n’a plus rien à voir avec ça aujourd’hui. C’est une toute petite ville tranquille, où on a essayé d’aller voir un match de rugby dans le pub, mais comme on avait un peu d’avance on a visité la petite église anglicane, discuté 5 minutes avec le pasteur et sa femme, et on n’a pas pu refuser leur invitation à regarder le match chez eux devant un plateau de fromage et de vin. J’ai déjà dit que les kiwis sont gentils ? qu’ils sont accueillants ? Emile et Judith nous ont également invités à venir mouiller devant leur maison, dans une petite baie déserte, et on a profité de cette occasion quelques jours plus tard pour leur apporter un gâteau. Mais on s’est un peu retrouvés démunis, comme à Mangareva, devant la gentillesse et l’accueil qu’ils nous ont réservé, les bons moments qu’ils nous ont offerts…

Sous l’œil moqueur de Doug, nous sommes enfin sortis (au bout de 3 semaines) d’Opua et ses environs proches pour visiter la Bay of Islands, d’autant plus qu’il nous avait indiqué quelques « Secret places » où mouiller, se promener, se baigner. Bon, se baigner, faut pas déconner, elle oscille entre 16°C et 18°C, et oui je me suis baignée (j’ai fait le tour de Schnaps en nageant) pour le défi de savoir si j’étais encore capable de me baigner dans des températures bretonnes, mais c’est froid. Par contre les mouillages et les promenades, ça envoie du pâté

Une pointe verdoyante

La baie de Motuarohia

Et comme il y a trop de jolies photos, et même des tas de panoramas, on vous renvoie vers l’album Picasa.

Pour finir notre aventure dans la Bay of Islands, nous avons récupéré Agnès, la petite soeur de Tomtom, en renfort poissonnerie et gâteaux, pour quelques jours. Agnès se baladait en Australie, puis Nouvelle-Zélande, mais comme son kiwi-van l’a lâchée elle a fini par nous rejoindre. Agnès est redoutable : il lui suffit de lancer la ligne par-dessus bord, et hop, en 10 secondes, le poisson mord.

En plus elle ne leur laisse pas une chance de ressusciter, elle les vide ! Pauvre Léon...

Pour la finale de la coupe du monde de rugby, nous sommes allés mouiller à Urupukapuka, jolie île pleine de moutons et équipée d’une sorte de pub avec projection du match. Oui, nos mouillages des week-ends se décident en fonction de l’équipement des différentes îles en pub.

Un mouton d'Urupukapuka

Là aussi, on était juste 3 français, et plein de kiwis un peu stressés (il fallait entendre le cri de soulagement après la tentative ratée de François Trinh-Duc…), parce que notre équipe leur a sorti un vrai match, quelque-chose de beau, de vaillant, de courageux, bref, du beau rugby, à quoi les All Blacks ont répondu par un jeu sans fautes, et finalement ils ont gagné. Ils l’avaient bien mérité. Évidemment, nous on encourageait toutes les actions des Bleus, soutenus par un Australien qui en voulait aux Blacks d’avoir gagné le match précédent, et par un jeune kiwi qui a retourné sa veste en voyant que les Bleus jouaient bien. On applaudissait aussi les jolies actions des Blacks, parce que c’est du rugby, et c’est comme ça. Si on oublie un Kiwi trop excité et pas franchement classe qui a débordé jusqu’à insulter l’arbitre et même un peu nos joueurs mais bon est venu s’excuser à la fin quand on lui a dit que ça se faisait pas, on a encore eu une démonstration de l’accueil néoZ et de la gentillesse de leurs habitants. Beaucoup sont venus à la fin du match nous serrer la main et nous féliciter pour la qualité du match (même si nous on n’a pas fait grand-chose à part crier « OUUUUUAAAAAIIIIIISS » quand Dusautoir a marqué le seul essai français), discuter avec nous, et l’un d’eux nous a même offert son drapeau All Blacks ! Il flotte maintenant à la place du pavillon de courtoisie, fièrement, pendant que notre pavillon-drap national (un drapeau français immense qu’on n’avait jamais osé sortir avant !) se pavane lui aussi fièrement à l’arrière, au moins jusqu’à notre arrivée dans la Baie d’Auckland… Finalement, c’est le meilleur résultat qu’on pouvait espérer : plus personne ne se moque des français pour avoir perdu face aux Tonga, car les Kiwis savent qu’il s’en est fallu de très peu pour que la Coupe du Monde ne leur passe sous le nez, et on profite de la joie de la Nouvelle-Zélande toute entière à la fête !


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2 commentaires pour Bay of Islands : premiers pas en Nouvelle-Zélande

  • papaM

    Quoi dire ? Finalement, c’est simple. Il faut se donner un but. Vous l’aviez projeté, vous vous êtes préparés, motivés, vous vous êtes battus et vous l’aviez réalisé, arrivés presque à un jour précis. C’est comme ça que les choses devraient se passer dans la vie et autour de cet axe, on a toujours de l’espace pour les rencontres, l’imagination, l’inconnu et l’improvisation.
    Certains diront « mais vous aviez eu de la chance ! » ….oui, mais il fallait faire qq chose pour et ne pas l’attendre.
    Merci pour la démonstration !
    On développera peut-être dans le jeu des questions…

  • Gnegnes

    Moi je dis c’est une belle arrivee, et je confirme que les Kiwis sont geniaux, accueillants, tout ca tout ca….
    Et je tiens a preciser que Leon bougeait toujours apres que Tomtom lui ait plante le couteau une bonne dizaine de fois dans le cerveau… Alors c’est qui le bourreau ??
    Mais franchement, Leon il etait super bon !!!!!! (il est possible que ce soit un Snapper)

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