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Mouillages au sud de La Gomera

Lorsque les alizés ne tombent pas en panne, ils sont très très réguliers autour des Canaries. Le vent vient du Nord Est, comme on peut le voir sur cette capture d’écran d’UGrib (logiciel fait justement pour télécharger la météo et observer les vents que théoriquement, on va subir).

Alizes.JPG

Les flèches représentent la direction du vent, leurs barbules indiquent sa force. La carte, c'est une partie de l'archipel des Canaries, La Gomera c'est l'île à peu près ronde.

Un peu de mécanique des fluides élémentaire permettra d’en déduire qu’un mouillage au Nord Est est fortement exposé aux vents, ainsi qu’à la houle. Mieux vaut éviter d’y mouiller à moins d’avoir (vraiment) envie de s’amariner, sans compter les accélérations du vent à proximité des côtes. En revanche, au Sud Ouest, l’île protège pas mal de ces inconvénients et comme la côte est assez découpée, les fonds pas trop trop profonds, on trouve des tas de mouillages. On en a testé quelques-uns.

Mouillages.JPG

Les points noirs, ce sont nos mouillages

Notre premier mouillage c’était la Playa de Argaga, juste à côté de Valle Gran Rey. Pas trop rouleur (un mouillage rouleur, c’est un mouillage soumis à la houle, dans lequel le bateau danse), en revanche pas mal de vent. Le vent est assez imprévisible, car le relief très découpé engendre des effets de site, des accélérations brutales de vent dans certaines directions…

Une belle eau transparente, chaude, des plages de galets noirs pas loin, et côté pratique, une ville juste à portée d’annexe. Ce mouillage assez sympa a plu à d’autres bateau, on a été jusque 7 !

Au menu de la Playa de Argaga : balades, cueillette de fruits et légumes locaux, location de voiture et bricolages. L’annexe a eu droit à toutes les attentions de Tomtom pour colmater une fuite au niveau d’une des valves de remplissage, ainsi qu’à un nouveau système de fixation du moteur hors-bord qui menaçait de plonger à chaque utilisation. On rêve quand même d’une petite annexe rigide qui ne se dégonflera plus jamais et qui nous mènera plus facilement au travers des flots, avec en prime un petit mât, une petite voile et une petite dérive ! Allez, on s’offrira ça pour un prochain voyage.

Hector le hors-bord a également fait des siennes (faut dire que ça faisait plus d’un mois qu’on ne l’avait pas utilisé). Démontage complet, nettoyage, remontage, identification de deux fuites dans le carburateur et réparation de celles-ci. Un peu d’essence neuve lui a fait du bien, mais quand on l’a testé, il n’a quand même pas poussé très fort sur son hélice pour faire avancer l’annexe ! C’est peut-être la qualité de l’essence (à moitié ancienne, à moitié neuve) ou plus probablement d’un rapport huile / essence encore un peu fort.

Et puis on avait perdu notre anode « noix » d’arbre d’hélice (un morceau de zinc qui permet de ne pas faire des trous dans l’hélice à cause de réactions d’oxydo-réduction entre l’inox de l’arbre et le bronze de l’hélice). Elle a dû perdre trop de matière au niveau des fixations, et tomber au fond de l’océan. Ca faisait déjà un bout de temps qu’on l’entendait se promener autour de l’axe en produisant de doux « cloc cloc cloc »… Mais pour remplacer une anode, il faut au choix sortir le bateau de l’eau, ou plonger et visser l’anode en apnée. Comme ça coûte cher de sortir le bateau juste pour ça, on a choisi la 2ème solution, et comme une noix c’est déjà suffisamment laborieux à monter pour s’amuser à démonter ça à flot, on s’est dit qu’on monterait la nouvelle quand on perdrait la première, qui de toutes façons devait être changée. Ce qui fut fait probablement entre La Palma et La Gomera. On n’est pas bons en apnée, encore moins quand il faut faire gaffe à ne pas perdre des pièces… Donc on a customisé un tuba, en lui greffant un tuyau d’1m50, permettant de respirer sous l’eau. C’est malinou… On a quand même assuré toutes les pièces et les outils avec des ficelles au cas où. Conclusion de l’affaire : on a une nouvelle anode, mais respirer sous l’eau c’est super difficile à cause de la pression de l’eau autour de la cage thoracique, et il faut de toutes façons remonter régulièrement pour se reposer. La prochaine fois, on gardera le tuba customisé pour la fixation, quand il ne faut pas lâcher les pièces, et on fera le serrage en apnée.

Un peu d’écriture d’articles de blog, des bricoles comme un interrupteur de régulateur solaire qui facilitera la manip BLU, l’inventaire des réserves de nourriture non périssable… Tout ça nous occupe deux bonnes journées.

NDTLGP : Lecteurs attentifs, vous aurez remarqué qu’en fait, sur Schnaps, on a pris nos habitudes : on commence par les trucs emmerdants : aller à terre, faire des photos, se promener pour raconter des trucs aux amis et à la famille, et ensuite seulement – après l’effort le réconfort – on passe aux choses sérieuses et vraiment amusantes : le bricolage.

On est ensuite partis à la recherche d’autres mouillages, juste au bas de sentiers de rando, malgré l’avertissement d’un cata français qui nous a dit n’avoir trouvé que des mouillages pourris. On sait pas comment ils s’y sont pris…

La Cala Cantera, notre mouillage suivant, est situé au bas d’un barranco (ravin en espagnol) creusé par les vents et la rivière. Sur la plage, une ancienne usine de poisson désaffectée, devenue propriété privée (on a vu quelqu’un le premier jour, c’est peut-être habité pour les vacances).

Cala Cantera.JPG

L'usine abandonnée dans les lueurs du soir

Joli mouillage très légèrement rouleur, du vent qui s’engouffre dans la vallée, mais rien d’insupportable. C’est assez intéressant d’observer les traces que laissent l’ancre et la chaîne dans le sable, 8 m plus bas lorsque le bateau s’oriente selon les différentes directions du vent. On a mis pied à terre pour faire une petite rando, écourtée par rapport à la prévision initiale car Tomtom s’est fait mal au tendon d’Achille en faisant un faux mouvement pendant les bricolages.

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On a juste pris un peu de hauteur pour observer Schnaps, caché dans une arche ...

El Barranquillo.JPG

... et pour observer les sculptures des volcans

On a également joué à la BLU, pour récupérer les fichiers météo et pour envoyer deux petits mélounets. On doit un grand merci à « ON0FS », notre relais belge de BLU, qui est celui qui fonctionne le mieux, en tous cas depuis l’Irlande et jusqu’au Canaries. Il y a pourtant bien d’autres relais plus proches de nous (entre autre à Las Palmas de Gran Canaria)… ON0FS est en vacances du 27 octobre au 7 novembre, donc ne vous inquiétez pas si vous avez moins de nouvelles sur le mini-blog pendant cette période là, c’est que nos relais « secondaires » (dans l’ordre de préférence, pas de proximité) sont un peu moins efficaces…

ON0FS a beau être super fiable, le relief, l’orientation du bateau, la météo jouent un rôle non négligeable dans la qualité des émissions et des réceptions. On ne maîtrise pas encore tout… A la Cala Cantera, on a passé une petite heure à forcer l’orientation du bateau dans l’axe de la vallée qui a pu jouer le rôle de tremplin vers la Belgique pour nos petites ondounettes BLUettes.

coucher soleil.JPG

Fin de journée à la Cala Cantera : coucher de soleil sur l'Atlantique

Notre départ de ce joli mouillage a été précipité par l’arrivée d’un promène-couillons et de son débarquement de baigneurs-couillons, direction Playa Santiago, à proximité d’une petite ville où on pourra faire des courses.

couillons.JPG

Débarquement dans notre jolie et calme Cala Cantera...

Arrivés vers 13h, le temps de manger, de s’assurer que Schnaps ne bouge pas, de capter un peu de wifi, de tenter d’écrire quelques cartes postales pour profiter d’un bureau de poste avant de partir, ça a suffi pour que les enfants nous demandent de changer de mouillage.

vomi.JPG

Maman on a tout vomi dans ta bassine...

Selon les dires du capitaine, ça roulait tellement que le liston touchait l’eau à chaque fois. Je pense que si on avait attendu quelques jours, on serait arrivé à « non mais tu te rends pas compte la houle qu’il y avait, le mât touchait l’eau à chaque coup de roulis ! » Bref, c’était pas confortable. Ropopom, on est partis un peu plus loin, tant pis pour les courses.

Playa de Chinguarime : assez bien protégée du vent (outre quelques rafales venues de n’importe où, toujours les effets de site), une houle raisonnable, des plages de pierre volcanique, une eau transparente appelant à la baignade.

Petites baignades donc, écriture (confortable) des cartes postales, et bricolages. Le sol du cockpit, repeint en gris par l’ancien propriétaire, était parfait pour Dunkerque, mais il chauffe très vite sous nos latitudes actuelles, ce qui est inconfortable pour les petits pieds du Tomtom qui est toujours pieds nus. Il a donc fallu tout poncer (surtout la peinture en dessous de la peinture grise, qui donne l’impression d’avoir été étalée à la truelle), puis apposer trois couches de peinture blanche antidérapante. C’est quand même bien plus facile de peindre au rouleau plutôt qu’à la truelle.

peinture cockpit.JPG

La blouse, c'est pour ne pas me mettre de la peinture partout, mais la charlotte, c'était juste pour rire... Sur la partie encore grise, remise à plat et poncée, on voit des tas de traces blanches : ce sont les traces de truelles.

Tomtom s’est également lancé dans le démontage des manches amovibles de nos casseroles et poêles Tefal, dont le mécanisme était grippé. La faute à UNE pièce en non inox (alors que tout le reste est en bon inox) qui rouille… Nettoyage minutieux à la brosse à dents, bain d’antirouille pour les pièces les plus rouillées, graissage, et ça fonctionne comme si c’était neuf !!

nettoyage manches.JPG

Tomtom nettoie minutieusement toutes les pièces des manches

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Tomtom le Maniacom fait sécher les pièces propres

NDTLGP : Oui, on nettoie nos manches de casserole au mouillage. On s’en est rendu compte pendant le nettoyage, mais y a moyen qu’on se marre bien dans quelques temps, quand on se dira qu’on a passé 2h à nettoyer des manches de casserole au mouillage à La Gomera.

On aussi réussi enfin à identifier et réparer notre problème de speedo qui indiquait toujours 00.00 noeuds (un fil désoudé dans le connecteur caché tout au fond d’un coffre), et tâché de réparer encore une fuite sur l’embout de remplissage du réservoir d’eau avant. Il commence à y avoir de moins en moins de choses à réparer, Tomtom a de plus en plus de mal à trouver des prétextes pour ne pas commencer à s’occuper des loupiottes à LED qui nous permettraient d’économser quelques ampères-heure au mouillage ou de bouquiner dans le cockpit en nav’ sans l’aide d’une frontale …

Petite précision sur ce mouillage, qui n’était pas si bien que ça. Le courant de marée, trop souvent parallèle à la plage, empêchait Schnaps de se mettre perpendiculairement à la houle, et comme la houle était presque à la fréquence de résonnance de Schnaps, parfois, il se mettait à danser d’un bord sur l’autre. La nuit, quand ça réveille parce qu’on a l’impression d’être dans une machine à laver et qu’il y a plein de bruit partout (câbles qui claquent, trucs qui tombent, portes qui s’ouvrent et se ferment…) ben c’est nul.

Et un rajout de dernière minute : on a passé notre dernière nuit canarienne au mouillage devant la Playa de la Guancha, juste à côté de San Sebastian, et on a passé une très bonne nuit. On a essayé de pêcher à la palangre avec des bouts de gras de jambon (on n’avait que ça), mais les bouts de jambon on disparu, et on n’a rien attrapé (enfin si, juste en allant se coucher, mais il s’est décroché, le bougre). Et là on poste tous nos articles depuis Playa Santiago, où ça roule beaucoup moins et où le wifi est bien plus vif qu’à la marina de San Sebastian !


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5 comments to Mouillages au sud de La Gomera

  • Carole et damien

    J espere que vous avez utilisé votre trophé des regates de chausey pour poncer les coups de truelle. J espere que votre ponceuse tient le coup, car ca avait pas l air d etre tres caustaud tout ca.
    Bon vent a tous les deux

    • Bé non pasqu’au mouillage on a moyennement de quoi alimenter une ponceuse. C’est Clairette qui a dégommé tout ça au ciseau à bois d’abord, et au papier de verre ensuite … Mais sinon la ponceuse elle est toujours avec nous, elle a servi pour la jupe je crois …

  • Claire TABARY

    il suffit que je m’absente trois jours pour la Toussaint pour que plein de trucs vous arrivent et que vous alliez vous balader sans moi, c’est tout de même bien aimable de me permettre de vous rattraper avec vos photos toujours planantes, surtout celle avec les pingouins tout blancs qui ont fait des « ploufs » et troublé votre quiétude… Ben, voui, faut bien que les bidochons, comme moi en d’autres temps et lieux, s’amusent…Même à la peinture, toujours de belles gambettes, Clairette.

    • Voui mais le capitaine du bateau des bidochons il est pas obligé de venir planter son ancre à 20m de Schnaps … Et Clairette dit qu’elle aurait dû parier pour la remarque sur les gambettes.

  • Ange

    En tout cas vous êtes tout bronzés… Et tout beaux ! (avec ou sans charlotte)

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