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Porto

Autant le dire tout de suite, nous n’étions … comment dire … pas préparés à être agréablement surpris par notre arrivée au Portugal. En effet, notre entrée dans les eaux territoriales de ce pays a été marquée d’une part par des flotteurs de filets mal montés, et d’autre part par des Boum Boum crachés probablement par des énormes sonos sur la plage dirigées vers la mer, que nous entendions alors que nous étions à 5 milles des côtes … On se disait que si c’était comme ça au mouillage ou au port, on ne resterait pas longtemps …

C’est donc sur cette idée que nous sommes arrivés, à la nuit tombante, au port de Porto de Leixões (prononcer apparemment Lèchonesse, on débute en Portugais !), port de commerce situé à quelques milles au Nord de l’embouchure du Rio Douro, le fleuve qui traverse la ville de Porto et tout le nord du Portugal. Notre première idée avait été d’entrer dans l’embouchure du fleuve et d’y mouiller pour être plus près de la ville, mais ce n’est apparemment pas si facile que ça (il y a une barre de sable qui se déplace à l’entrée) pour se retrouver à mouiller dans un fort clapot (à cause des courants dans tous les sens), et en plus nous arrivions de nuit

Après avoir hésité entre plusieurs places pour en choisir une (la marina, dans un coin du port de commerce, est loin d’être pleine) tout près de la capitainerie (qui nous demandera de changer le lendemain, mais c’est un peu normal, la place étant réservée et faite pour des bateaux beaucoup plus grands, même si pour Schnaps c’était confortable !), nous voilà amarrés, entre un terminal pétrolier et un quai de chargement de containers, au milieu d’ énormes grues. Certes, on est loin des collines qui encerclaient le port de Dingle, mais ça un certain charme (n’est-ce pas Boris ?) !

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Une grue géante de chargement de containers ... le port de plaisance ? la 1ère à gauche après la jetée !

Une bonne nuit de dodo, et première bonne surprise (il y en aura d’autres !) : la fille de la capitainerie parle un très bon français, et heureusement, parce que nous, en portugais, on n’a pas eu le temps d’apprendre plus que ‘Bonjour’, ‘Merci’ et ‘Au revoir’, et encore le ‘Au revoir’, on ne maîtrise pas terrible … Deuxième bonne surprise : le prix de la place est très raisonnable, avec wifi et douches à gogo … On décide de commencer par un peu de bricolage (voir un peu plus loin) et de mise à jour du blog (ça on ne s’attendait pas à ce que ça nous prenne autant de temps !) et de faire une excursion à Porto quand il fera un peu moins chaud … Comme le bricolage s’éternise, on ne décolle que vers 17h vers la station de tramway la plus proche, au-delà d’un énorme pont basculant destiné à laisser entrer les porte-containers géants dans le port de commerce.

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Un porte-containers se prépare à entrer dans le port : le pont basculant s'ouvre

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Passez ponpont les carillons, les portes sont ouverteuh !

Direction le centre-ville : la gare de São Bento avec ses fresques, la grande place qui ressemble à la place Venceslas à Prague, la cathédrale et son esplanade qui surplombe la vieille ville, la Torre dos Clérigos, le labyrinthe de petites ruelles larges parfois d’à peine 1 m et d’escaliers qui descendent vers le fleuve, les caves à Porto, et enfin, le pont Dom Luis I, construit en 1887 par notre Gustave national (Clairette a sa carte au fan-club) pour relier les deux rives du fleuve, près duquel nous avons pris un bon dîner de spécialités locales (du poulpe, miam, et de la Franceshina – littéralement ‘petite française’ – un peu moins miam) avec des desserts choisis complètement à l’aveugle Smile. Il y avait une sorte d’île flottante pas terrible et un gâteau qui ressemblait beaucoup au gâteau aux p’tits beurre au café qui était vachement bon. C’était un peu trop un restau à touristes (normal vu l’emplacement), mais très sympa quand même …

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Fresque dans la gare de São Bento, représentant l'entrée d'on ne sait plus qui on ne sait plus où (enfin probablement Porto, mais bon)

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Une jolie façade d'un bâtiment de Porto, près de la gare

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La place de la Liberdade, au centre de Porto (et paf, une voiture jaune !)

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Un vieux tramway en bois : ce n'est pas celui-là qu'on a pris, il ne sert que pour les balades touristiques et il ne va pas jusqu'à Leixões ...

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Des rues avec des jolis noms écrits sur des jolies faïences

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Petite ruelle en escalier descendant vers le fleuve

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La Torre dos Clérigos, plus haute tour de la ville, au crépuscule

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Le pont Dom Luis I, de nuit. Comme quoi des fois un petit appareil numérique de rien du tout ça peut faire des photos de nuit pas trop ratées

Ca nous a fait du bien de revoir des vieilles pierres, de se promener dans les petites ruelles pavées, de voir des monuments … Porto nous a vraiment plu aussi par le fait que c’est loin d’être un ‘Eurodisney’ à touristes, fait pour les touristes, tout propre tout net. Ce n’est pas seulement une jolie ville, c’est aussi une ville où les gens vivent et habitent, les maisons et petits immeubles aux fenêtres desquels le linge sèche côtoient les magasins de Porto, les enseignes diverses et variées … Il y a aussi, même près du centre et, dirons nous, malheureusement, quelques bidonvilles … Ils ne sont pas ‘éjectés’ à la périphérie de la ville, loin du centre.

Une dernière petite promenade en haut du pont D. Luiz I, et nous revoilà dans le tramway, de retour au bateau, où un certain nombre de bricolages supplémentaires nous attendent :

  • réparation du répartiteur de charge : un transistor était foutu, ainsi que le circuit intégré du doubleur de tension. Réfection de toutes les bornes de connexion puissance, ajout d’un condensateur pour lisser la tension d’alimentation du module de protection en température (le fonctionnement des ventilateurs et du buzzer semblaient perturbés, c’est bizarre ça marchait bien lors des premiers tests …)
  • réparation d’un embout de tangon (côté mât) qui a moyennement supporté une des phases de la désinstallation, et amélioration de la fixation des pontets sur lesquels viennent se reprendre les poulies
  • installation d’un bornier sous le pied de mât pour pouvoir relier tous les câbles passant dans le mât (et en particulier ceux allant en tête de celui-ci) à la tôle d’aluminium connectée à la quille. Ca a l’air tout bête dit comme ça mais ça a pris 1 journée et demie
  • nouvelle réparation de l’embout d’arrivée d’eau dans le réservoir avant. Il commençait à nous gonfler, ce réservoir (avec le roulis, de l’eau s’échappait par la fuite de l’embout), maintenant ça a l’air enfin réparé, grâce à une bonne dose de mastic silicone
  • réfection de la rotule de liaison du tube de support de l’hydrogénérateur, dont la souplesse est soupçonnée d’être à l’origine du sifflement et des vibrations, ajout d’une cadène pour la mise en place de l’hydrogénérateur lorsque le bateau avance à plus de 3 noeuds
  • perche IOR : remplacement des lames métalliques qui formaient l’interrupteur de déclenchement du flash par un vrai interrupteur et montage sur le portique, couture d’une housse de protection du drapeau et de la lampe flash
  • réparation de l’embout du câble d’alimentation de l’écran wifi, qui n’a pas tenu le coup à force d’être branché / débranché. Maintenant il y a de la résine à la place du sika, ça devrait tenir mieux …
  • ajout de passe-coques sur le super taud de pluie – qui sert plus de taud de soleil (très efficacement d’ailleurs) ces jours-ci, même si il a plus quelques gouttes – pour pouvoir brancher des tuyaux et donc récupérer l’eau de pluie
  • et puis ça doit être tout …

Entre deux bricolages, on a pu, soit par nécessité (il faut bien faire les courses, poster les cartes postales, remplir la bouteille de gaz CampingGaz de secours …) soit par agrément (restaurant), se promener autour du port. Eh bien ça a beau être tout proche d’un énorme port de commerce, ce fut la 3ème bonne surprise de cette escale, c’était très sympa. Une plage magnifique (où on n’a pu se baigner qu’une fois, et encore, pas trop loin du rivage, car les vagues étaient trop grosses et nous emportaient déjà alors qu’elles avaient perdu les 9/10e de leur puissance dans les rouleaux un peu plus loin), des quartiers très animés, des petites épiceries-bazar où on parle n’importe quelle langue à condition que ce soit le portuguais (c’est très rigolo d’essayer d’expliquer que l’on cherche une boule à thé !), des petits restaurants où on grille le poisson sur un barbecue sur le trottoir, où si on ne comprend pas ce qu’il y a sur le menu on nous dit de venir voir ce qu’on veut manger, où les gens sont heureux de rencontrer des étrangers dans un quartier où ils ne sont pas forcément ‘attendus’ et contents de pouvoir échanger quelques mots en français avec nous, où les gens vivent, tout simplement !

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Jolie église de Leça de Palmeira

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Miam, du turbot grillé (enfin ce qu'il en reste, c'est à dire plus qu'un quart qui va vite disparaître !)

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La piscine dans les rochers au dessus de la plage de Leça de Palmeira

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Drapeau rouge sur la plage de Leça, les vagues sont trop grosses et trop dangereuses. Elles dépassent même parfois la jetée du port de commerce !

Nous avons fini, après des bricolages qui s’éternisaient, à nous décider à aller nous mettre au mouillage un peu plus loin, derrière la jetée, toujours dans le port de commerce, n’ayant plus besoin des facilités de la marina (eau, électricité, accès aux commerces) … Mal nous en a pris, car les dragueuses* étaient à l’oeuvre (d’ailleurs elles ne laissaient pas Tomtom indifférent, les dragueuses). Si on les entendait très peu protégés par le môle de la marina, on a pu se rendre compte au mouillage qu’elles fonctionnaient même la nuit. Résultat : on n’a pas fermé l’oeil , et on était bien résolus, le lendemain, à lever l’ancre et poursuivre notre route vers le Sud, après 5 jours d’escale qui ont somme toute été assez productifs !

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La dragueuse en action (pour la nuit, imaginez la même chose mais dans le noir, en faisant vrrrrrrr vrooooooo vvrrrrrrr vrrrrrrrr très fort)

La plupart des marins de passage ne font, justement, que passer dans ce port, d’où certains commentaires glanés sur le net qui le présentent comme sans intérêt. C’est sûr que si on arrive à 18h, qu’on s’amarre, qu’on prend une douche, l’apéro et le dîner sur le bateau, et qu’on repart le lendemain matin après une éventuelle grasse-mat’, on ne voit que les porte-containers, les grues, le terminal pétrolier et on est pressé de partir. Mais si on reste un peu plus longtemps, si on va un peu plus loin pour traverser le port et aller se promener dans les rues de Matosinhos, pour – soyons fous – tenter de se lancer dans une conversation avec un serveur dans un restaurant familial, bref, si on passe outre les apparences, eh bien on s’aperçoit que ce port est tout aussi intéressant que d’autres plus ou moins luxueux en plein centre ville où tout est à portée de main et est fait pour le visiteur. A noter aussi qu’il n’y avait quasiment que des voiliers, dans cette marina … alors qu’à Villagarcia, ils devaient être moins de 15% (Tomtom dit 20, Clairette dit 10, donc on prend la moyenne !) sur les pontons et catways …

* on dit peut-être drague, mais nous on préfère dragueuse, c’est plus rigolo


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2 commentaires pour Porto

  • Stéphanie

    Coucou !

    Je commence par vous tirer mon chapeau, car ce blog est extrêmement complet, et plus que souvent mis à jour. Pour avoir déjà fait l’expérience de devoir raconter son périple en voyageant, je ne sais pas comment vous faites. En tous cas nous on se régale.

    Jolie ville alors Porto ? Merci pour la carte de Palmeira, mon adresse vous a apparemment fait rire ; moi je suis réduite à devoir l’épeler à chaque fois qu’on me la demande :-)

    P.S. Vous l’avez trouvé cette boule à thé ? Pour la prochaine fois, sachez que ça se dirait sûrement « bola a chà ». Et oui, je m’y mets !

    • Voui on a trouvé une boule à thé, et c’était en effet marqué bola a chà sur l’emballage ! Nous aussi on s’y met, on a enfin trouvé un dictionnaire portugais/français !!

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