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Triple paf pour la planète

Aujourd’hui lundi 1er juillet 2019, notre empreinte écologique a augmenté. En effet, à l’instar de nombreux gouvernements de pays occidentaux adeptes du ‘virtue-signalling’ (pas besoin de traduction en français j’imagine), la Nouvelle-Zélande vient de bannir les sacs en plastique à usage soi-disant unique. On a bénéficié de quelques années de répit par rapport à l’Europe, mais ce n’est quand même pas quelques petits océans de rien du tout qui vont arrêter la marche tonitruante du progrès.

Et c’est bien joué. Parce-que chez nous, comme chez la plupart des gens que l’on connaît, les sacs plastique de supermarché n’étaient pas à usage unique. On s’en servait notamment comme sacs poubelles, sacs à pique-nique au cas où un tup’ se mettait à fuir, pour le bricolage ou comme sac à vomi compact (histoire de faire une transition avec l’article de Clairette), et on en jetait directement très très très rarement.

Résultat, à partir d’aujourd’hui (en fait à partir d’il y a quelques mois, les supermarchés ayant fait du zèle):

  • Les courses arrivent en sac en papier (on se fait livrer nos courses, ce qui est bien plus écolo que d’aller en voiture au supermarché). On collecte donc des montagne de sacs en papier, très volumineux et absolument inutiles car non-étanches et fragiles, qu’il faut jeter au recyclage coûteux en énergie (il faut trier, pâte-à-papieriser et refabriquer des sacs). Paf n°1.
  • Il faut bien qu’on mette nos détritus ménagers dans un sac poubelle (sinon ça colle au fond, ça pue et ça attire les bestioles) et donc qu’on en achète. Cette fois, ce sont des sacs à usage réellement unique, plus épais, souvent plus grands et donc plus coûteux en énergie à produire que les légers sacs plastiques de supermarché. Paf n°2.
  • Le jour où on va faire nos courses normalement et qu’on n’a pas de sacs ‘réutilisables’ (vu qu’on se fait livrer nos courses, si on va au supermarché c’est en général pas prévu et on n’a pas de sacs), on doit acheter des sacs en matériau synthétique qui ont coûté bien plus d’énergie à fabriquer qu’un bon vieux sac plastoc, sans pour autant être plus solides. Paf final.

Mais bon, on sait bien que tout ça c’est pour la bonne cause, et qu’interdire les sacs plastiques dans nos supermarchés résoudra à coup sûr la pollution des océans, dont 90% du plastique proviendrait … de 10 fleuves africains et asiatiques,  et aussi que ça empêchera les Kiwis de laisser carcasses de voiture brûlées, vieux meubles ou autres sacs poubelle de 100L dans leurs ravins (cf. Road-trip en BX, qui vaut le coup rien que pour la vidéo sur le Kakapo).

 

MISE À JOUR 19/07/19: Voilà, on n’a plus de sacs en plastique. Et tiens, on dirait que nos réflexions décousues ne sont pas tout à fait à côté de la plaque, comme le décrit cet article du Nouvel Obs, où l’on apprend que pour amortir un sac en coton il faut l’utiliser plus de 7000 fois, voire 20000 s’il est en coton bio. L’étude (récente et sérieuse) en question est ici.


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8 commentaires pour Triple paf pour la planète

  • François TABARY

    Voui, il y a encore du boulot pour respecter la planète…
    En effet, nos « représentants » qui disposent du pouvoir de décision manquent beaucoup de vision globale, pour faire le lien entre les comportements et usages quotidiens et leurs conséquences environnementales et climatiques.
    Exemple : ont-ils vu que faire des trous immenses pour construire des centaines d’immeubles sur les rives du lac d’Annecy, puis remonter toute la terre en haut des vallées avec des gros camions diesels sur des petites routes (si, si, il fallait y penser! On les voit passer toute la journée) contribue directement à la Kanik Ule et aux gros orages de grêle ?
    Autre info qui n’intéresse absolument pas les lecteurs de ce journal : les dizaines de milliers de nouveaux habitants de ces immeubles éparpillés le long du lac vont évidemment s’entasser dans leurs voitures ou les rares bus ensablés dans le trafic pour renforcer les bouchons en direction de « la ville », à l’aide de leurs moteurs surchauffés, leur clim’ et leurs gaz d’échappement.
    Avec l’histoire des sacs plastiques et autres déchets, on n’a pas fini de rigoler.

    • oui, enfin le lien de causalité entre camions et canicule / orages de grêle est très très loin d’être établi. Ce qui n’empêche pas qu’il est en effet surprenant qu’il soit rentable économiquement (et donc écologiquement) de fabriquer des taupinières géante en haut des montagnes …

  • Clairette

    Mieux vaut en rire ! Je viens de faire les courses en ligne, et juste avant de valider, qu’est-ce qu’on me propose ? des sacs poubelle biodégradables, des sacs poubelles bio, des sacs de courses réutilisables…

  • Julie

    Enfin, quand on sait que les plastiques sont responsables de 60 à 85 % des déchets marins dans le monde, on peut comprendre pourquoi les éliminer des supermarchés peut etre une bonne demarche. Et il ne me semble pas que de se faire livrer ses courses soit plus écolo que de prendre son vélo et acheter quelques courses au marché ou au supermarché du coin, car se faire livrer (des courses, à tout achat par internet) suppose forcement des quantités ridicules d ’emballage. Quand je vais au supermarché on voit bien que les gens se sont habitués à ramener leur propres poches. Donc le changement est possible.

    • Les plastiques ne sont pas responsables, ceux qui les y mettent, oui ;). Le Yang Tsé, c’est 1.5 millions de tonnes de plastique par an. La Tamise, 18 tonnes (80 000 fois moins). Interdire les sacs plastique dans les pays occidentaux, c’est … une goutte d’eau dans l’océan, justement.
      Faire ses courses à vélo ou à pied tous les jours c’est mignon quand on a un supermarché à 2 pas, 1 ou 2 bouches à nourrir et plein de temps devant soi. Dans tous les autres cas, c’est vraiment pas faisable. On l’a fait pendant 5 ans quand on pouvait (d’ailleurs heureusement qu’il y avait des sacs plastique à l’époque, parce que les sacs en papier sous la pluie ça tient pas 100m). On a essayé plusieurs fois de réduire les emballages en demandant au supermarché de nous laisser une caisse qu’on leur rend à la tournée suivante, c’était pas possible.
      Le changement est évidemment possible, mais la question que je pose à travers mon article un tantinet provocateur est : est-il vraiment écologiquement bénéfique ? Pas mal de gouvernements ont fait des études sur le sujet, et les conclusions n’étaient pas vraiment en faveur d’une interdiction / taxation. Évidemment pour les politiques toujours à l’affût d’un truc ‘qui se voit’ pour se faire mousser, les effets indésirables n’ont pas d’importance …

  • Julie

    je comprends le sens de votre réflection mais je vois mal comment on pourrait éthiquement ne pas interdire les plastiques dans les pays occidentaux et réserver cet effort aux Asiatiques et Africains :). En effet, c ‘est surement une goutte d’eau mais pour avoir vécu avec notre bateau sur la Tamise pendant des années, cette goutte d’eau est néanmoins très visible et choquante. Bien sur que l’effort écologique n ‘est pas pratique au quotidien au premier abord, n’est pas mignon et nécessite non seulement un réel effort d’adaptation mais une remise en cause fondamentale de notre mode de vie, travail, priorité. Je reconnais que c’est compliqué d’embrasser l’écologie aujourd’hui sans renoncer à nos habitudes de vie (avion pour les vacances, deux emplois à plein temps par foyer…). Et oui, c’est pas toujours pratique, c ‘est relou avec les sacs en papier qui se percent mais c’est pourtant la seule solution sur le long-terme même si de mon coté j’en suis encore loin. Les gouvernements ont mis des lustres a nier l’urgence écologique et l’interdiction des sacs plastiques reste pour moi un premier pas vers une prise de conscience collective, même si c’est bien sur insuffisant et reste très politique. J’espère juste que cela mènera lentement vers une interdiction des emballages plastique pour les grandes sociétés de produits de conso (Kraft, unilever..)..

    • Il n’a jamais été question dans mon propos d’interdire quoi que ce soit aux Asiatiques et Africains. Il y a d’autres solutions que l’interdiction, vous savez. Le problème, en interdisant tout et son contraire, c’est qu’on empêche du même coup des solutions potentiellement bien meilleures que celles qui sont adoptées par défaut d’émerger.

      A part ça, vous n’avez pas l’air d’avoir bien compris mon propos, qui est que s’escrimer avec des sacs lourds, encombrants, fragiles ou énergiquement coûteux à produire et recycler (ou tout ça à la fois) aura un effet au mieux négligeable sur l’environnement quand on prend le bilan global, ce que font les études auxquelles je fais allusion.

      Pour finir, grand bien vous fasse de choisir vos priorités et votre mode de vie. Cela ne vous donne néanmoins pas le droit de l’imposer aux autres, d’autant plus que vous avez l’air de ne pas vraiment mesurer l’impact (sanitaire notamment) des mesures dont vous rêvez.

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