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Waitikubuli : randos, perroquets et chansonnette

Les nuages des premiers jours s’étant peu à peu levés sur la Dominique et dévoilant peu à peu les pentes des montagnes environnantes, nos gambettes rabougries par bientôt 2 mois sans avoir vu un chemin de rando ont commencé à avoir la bougeotte. D’autant que nous avions eu tout le temps de découvrir, grâce au wifi disponible dans la baie du Prince Rupert, le Waitikubuli National Trail, dont la bande originale de la petite vidéo de présentation que nous vous proposons ci-dessous vaut le détour :

Rigolez pas trop quand même, c’est avec vot’ pognon, comme dirait Coluche (bé oui, le WNT est en grande partie financé par l’UE)

Nous sommes donc partis un beau matin, cartes numériques chargées dans l’appareil photo (c’est génial ça, l’appareil photo est toujours à portée de main, on peut zoomer comme on veut sur la carte… à propos, on a trouvé un site bien sympa avec les cartes des principales îles des Caraïbes) et GPS portable dans la poche avec les points GPS principaux (au cas où on serait tenté de suivre un chemin qui n’en serait pas un), du côté du Morne DiablDeviltin, plus haut sommet de l’île situé dans le parc national auquel il a donné son nom, de très bonne heure pour pouvoir observer les oiseaux particulièrement actifs au lever du jour. On y est allé avec Firmin le morse qui aime bien jouer au petit diablotin qui sort de sa boîte et qui avait envie de voir un autre diablotin. Enfin bref.

L’objectif affiché était de se faire emmener plus ou moins loin et haut dans la montagne, vers le Sud, puis de monter dans la forêt sur la crête qui remonte vers le Nord après une grosse dizaine de km de marche. En suivant un chemin quand même, on n’est pas fous, c’est la forêt vierge, et tropicale en plus ! Ca a plutôt bien commencé : on a réussi à attraper un bus (c’est un peu comme au Cap-Vert, les gens voyagent dans des petits bus collectifs qui circulent de ville en ville) qui nous a emmené pour 6 ici$ en bas des pistes d’une petite route qui montait en pente bien raide vers le Syndicate Estate, départ de la rando proprement dite, à 600 m d’altitude. Ce qui aurait pu être le pire épisode de la balade – on s’en est bien rendu compte a posteriori – n’a finalement duré qu’une minute. En effet, à peine avons-nous passé le premier lacet qu’un fermier au volant de son pick-up s’arrête et nous invite à monter à l’arrière, ce que nous nous empressons de faire. Un quart d’heure plus tard, le fermier sympa nous laisse à une intersection, et nous réalisons que s’il n’avait pas été là, ça nous aurait pris 2 bonnes heures pour arriver … au point de départ de notre promenade. Il aurait été 10h du matin, bien trop tard pour les oiseaux. Nous ne savons pas trop comment remercier, le conducteur nous indique la direction à suivre et nous laisse avec un grand sourire et un ‘Take care, good day !’ qui ne laisse place à aucun ‘Thank you very much’ supplémentaire. Il va sans dire que proposer quoi que ce soit, et particulièrement de l’argent, en échange du service rendu serait perçu comme une insulte … Nous commençons donc notre rando mi-heureux, mi-gênés de ne pas pouvoir rendre la pareille à ce fermier à qui nous devons une fière chandelle !

Car oui, il y a des fermes, là-haut. Et en particulier des plantations d’arbres fruitiers : citronniers, orangers, pamplemoussiers (?) … L’air est rempli d’une odeur d’agrume mûr, qu’est-ce que ça sent bon !! En plus il y en a plein partout par terre … bon, on verra en redescendant, on ne va pas cueillir comme ça dans les plantations juste pour assouvir une envie de pamplemousse. On a du mal à trouver le chemin qui monte dans la montagne, même après avoir demandé à un groupe de Dominicains qui ont l’air de savoir aussi bien que nous où ils sont (ils suivent leur guide, qui a pris un peu d’avance, et ils se posent pas de questions !), et finalement on se lance à l’assaut du Morne Diablotin et de ses 1447 m, on verra bien où on arrivera, et si ça se trouve on réussira même à attraper le chemin qui remonte vers le nord, sur la crête. Bon, j’en vois qui sont perdus, ok, j’ai compris, voici une petite carte :

carteRandoDiablotin.jpg

Petite carte de notre escapade prévue au Morne Diablotin ... le chemin qui remonte vers le Nord n'existe plus, semble-t-il.

Petite note à l’attention de ceux qui seraient tentés par le même circuit ou des randos sur la Dominique : il faut utiliser les cartes téléchargeables sur le site du Waitikubuli National Trail et pas celle-là, qui n’est plus à jour.

Ça monte sec, même si c’est bien mouillé et glissant (on est dans la Rainforest, la forêt de la pluie), la rando est une des plus difficiles de l’île et ce n’est pas pour rien … Au détour d’un lacet, un cri strident nous fait lever les yeux vers les cîmes des arbres : un perroquet !! On l’a probablement dérangé, il s’envole, rapidement rejoint par un deuxième, pour se poser un peu plus loin. Ils sont malheureusement trop loin pour prendre une belle photo, mais nous parviendrons plus tard à les identifier grâce aux plumes jaunes que nous avons distinguées sur leurs queues, ce sont des Jaco, l’espèce la moins rare sur l’île. L’emblème de la Dominique, présent sur son drapeau, est en effet le Sisserou ou Perroquet Impérial, dont il ne reste qu’une grosse centaine d’individus. Les Jacos, eux, sont plus nombreux (entre 600 et 1000) et peuvent s’observer plus facilement. Plus d’infos sur les perroquets de la Dominique ici ! On a entendu des tas d’autres oiseaux, pas tous identifiés, dont un qui faisait une petite musique, plusieurs notes à la suite…

rainforest.jpg

La forêt tropicale, luxuriante et humide, pleine de plantes et d'arbres qu'on ne connaît pas !

En arrivant sur la crête, noyée par la brume qui monte du versant est de l’île, la végétation change : des grands arbres de la Rainforest, on passe à des arbustes trapus … dont les troncs barrent le chemin tous les 10 à 15 m. Enfin, le chemin, disons plutôt la flaque de boue quasi-continue dans laquelle on s’enfonce jusqu’aux chaussettes ! Nous finirons par renoncer à continuer à 1200 m d’altitude, à 3 km du sommet (vu qu’on avait le GPS, on sait exactement où on s’est arrêtés) : on est dans un nuage et on ne verra rien là-haut, la progression est très lente avec toutes ces embûchestrondarbres, et il faut encore prévoir la descente vers Portsmouth. On soupçonne tout de même les Dominicains de vouloir maintenir un certain challenge à monter au sommet, car le chemin est bien entretenu jusqu’à la crête, mais à partir de là, le sentier n’a pas du voir une machette depuis des lustres !

demiTour.jpg

Bon là, ça suffit, on ne va pas plus loin, il y a trop de trucs en travers de la route, route qui en a d'ailleurs profité pour se transformer en bourbier ...

Après avoir vainement cherché le chemin de la crête, qui ne doit plus exister, nous redescendons au Syndicate Estate pour retrouver le Music Note Waitikubuli National Trail Music Note segment 11, qui redescend vers Portsmouth. Nous ferons la rencontre, à une intersection, d’un fermier très sympathique qui nous proposera des oranges et avec qui nous discuterons quelques minutes … Nous repartirons avec 5 oranges délicieuses, que nous mangerons en route. Que répondre à un tel accueil partout où l’on va, à tant de gentillesse, à une telle hospitalité ? Ils n’ont pas grand-chose pour vivre, mais donnent quand même, sans rien attendre d’autre en retour qu’un « Thank you » ou quelques minutes de conversation en anglais, parfois en français … Et on se dit aussi que si on visitait l’île en minibus ou en taxi, on ne pourrait probablement pas profiter de ces moments-là, qui à la fois nous gênent un peu (nous n’avons jamais rien à offrir en retour, on ne part pas avec des bouteilles de vin en balade !) mais nous réchauffent le coeur … Sur le bord du chemin, nous verrons aussi une superbe orchidée (sauvage, bien sûr), et un beau crabe-soldat tentera tout de même de rompre avec l’ambiance accueillante et de nous barrer la route à … 500 m au dessus du niveau de la mer. Si vous voulez voir les photos, c’est ici !

Pour la deuxième balade, au Nord-Est de l’île cette fois, même topo : on se fait déposer en bus au départ pour 3 fois rien (4 ici$). Au programme, le segment 12, apparemment pour marcheurs entraînés, ce qui est rapidement vérifié : ça monte très fort et ça descend très fort ! On attrape encore au vol des oranges envoyées par un fermier sympa, et on papote sur la fin avec des ouvriers qui travaillent à l’aménagement du sentier, c’est convivial ! Le retour se fera encore en bus : une banquette sans dossier à l’arrière d’un fourgon, un moteur qui peine en 1ère dans les montées (« Hum, ça sent le souffre, on doit être près du volcan, là … Ah non, c’est le moteur ! » ) …

falaises.jpg

La côte Est de la Dominique, assaillie par les vagues de l'Atlantique (ouha, ça rime !)

Comme si ça ne suffisait pas, on est partis pour une troisième et dernière excursion, histoire de finir le tour de la partie Nord de l’île … seul problème, on est dimanche, et il n’y a pas de bus, hormis pour aller à la messe ! Du coup, on finit par accepter de se faire déposer par un taxi improvisé pour 20 ici$ (c’est pas donné mais c’était ça ou 600 m de dénivelé par la route en plein soleil) à la Cold Soufrière, dans le cratère du Morne aux Diables. C’est rigolo, ça sent l’oeuf pourri et ça fait des bulles :

Blob blob blob blob blob Smile

Descente par la route côté Atlantique, et retour sur le Music Note Waitikubuli National Trail Music Note pour les segments 13 et 14, le premier qui nous offre quelques montées et descentes en forêt, et le second qui longe le littoral autour de la pointe Nord de la Dominique. C’est chouette, on se balade dans une carte postale ! NDCLFC à ceci près que la mer dépose des tas de déchets… ça fait un peu moins carte postale, du coup. La progression n’est pas évidente sur les rochers longeant la mer, on se prend chacun notre tour une petite vague dans la figure, et il faut un passage difficile dont Clairette aura tout de même tenté le franchissement pour se rendre compte qu’il faut remonter dans la forêt pour retrouver le vrai chemin. On devient raisonnables, à force.

cartePostale.JPG

Et un décor de carte postale, un !! (bon cela dit la plage en cailloux, pour marcher, c'est pas top !)

cheminSportif.JPG

En rouge : on saute sur la petite marche en contrebas, en bleu on se dépêche de ramper avant qu'une grosse vague ne vienne s'éclater sur ladite petite marche, et en vert, on se rend compte que pour passer il faut se baigner, ce qui n'est pas trop prévu ... Demi-tour !

Voilà ce sera tout, pour cette fois, en ce qui concerne les balades à la Dominique (photos ici, et ) … Vivement la prochaine visite, qu’on puisse arpenter d’autres sentiers en chantant (allez, tous en chœur) : Music Note We’re using the trail Music Note Waitikubuli National Trail Music Note Can you imagine Music Note hou walking through the island … Music Note


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6 commentaires pour Waitikubuli : randos, perroquets et chansonnette

  • Claire TABARY

    m’enfin, un pro de la rando comme toi, Tomtom, tu fais encore ce genre de truc de prendre des chemins qui n’en sont pas et se taper un gymkana dans la brousse…Te rappelles-tu une certaine Pointe Blanche, côté Jalouvre, où ta tante était plutôt verte de t’avoir entraîné dans cette galère? toi, tu étais à l’aise, moi, j’étais pas fière…Allez, ça fait du bien aux gambettes, demandez votre chemin aux perroquets, ce sera peut-être plus efficace?

    • Mais pourtant, on fait des progrès : on cherchait un chemin qui partait à droite, et on n’a pas pris tous les pseudo-chemins qui cessaient d’en être au bout de 10 mètres… Pour le sommet du Morne Diablotin, une chose est sûre : on ne s’est pas trompés de chemin. Mais entre la boue, les troncs d’arbres à escalader qui réduisaient notre vitesse de manière démesurée et la visibilité nulle à cause des nuages au sommet, sachant qu’on avait déjà fait 600 mètres de dénivelé en 1h30 et qu’il fallait tout redescendre puis trouver le chemin qui nous permettrait de rentrer à Portsmouth, on a décidé de faire demi-tour…
      Et pis à la Pte Blanche, il y avait un chemin ! Certes, pas très bien entretenu non plus, et un peu vertical, mais il y avait un chemin !

  • Gnègnès

    Et ben elle est bien c’te chanson mais elle donne un peu mal au crane quand même… ou c’est p’t’être ma grippe qui aide pas…
    du fin fond de mon lit je viens de regarder toutes vos photos / vidéos de navigation, et ben c’est super chouette (ou hibou, ou perroquet…) mais bon les vidéos c’est un peu beurp quand même…
    Bisousssssss!!!!!!!!

    • Gnègnès

      et l’oeuf pourri aussi c’est beurp… heureusement qu’on a pas l’odeur !!! hihi

    • Clairette

      Pauvre Gnègnès… Pour te soigner faut boire un bon grog, tiens, t’as qu’à venir à bord, on a assez de rhum pour saouler ton virus !!
      Et tu triches un peu de regarder les photos et vidéos de la nav alors qu’on n’a pas encore écrit l’article !!
      Soigne-toi bien et bonne préparation du gros sac… Tiens et si tu veux expliquer à ta maman comment ça marche skype, nous ça nous arrangera et ptêt que ça pourra t’être utile dans un peu plus de 19 jours, 12 heures, 6 minutes et 5 secondes !

  • Mamodile

    Au risque de manquer d’originalté, on commence souvent par cela … : je vous remercie car je viens de passer un long et beau moment en vous lisant, en feuilletant votre album photos, en recevant vos témoignages de rencontres un peu (!?!?) exceptionnelles.
    Bon courage pour parcourir le monde quand les éléments vous malmènent ! La vidéo est assez remuante pour donner un accent de burp après la chansonnette…

    BISOUS

    PS : cours Skype commencé. Qqs minutes de formation complémentaire seront nécessaires pour friser la dextérité. Re Bisous

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