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Noël sous les tropiques

Une plage de sable fin, des cocotiers, un coucher de soleil flamboyant, dans un hamac avec un verre de ti-punch à la main, le doux bruit des vagues sur la plage … Vous vous dites qu’ils ont de la chance, quand même, Tomtom et Clairette, pendant que l’Europe croule sous la neige et que certains souffrent même d’une panne de chaudière !!

Eh bien détrompez-vous, bande d’éléphants ! En traduction baleines & coquillages TM, ce serait plutôt :

De la mangrove avec de l’eau marronnasse limite baignable, un tout petit cocotier perdu au milieu des palétuviers, une raffinerie de pétrole d’un côté (remarquez c’est pas moche, la nuit, il y a plein de loupiottes partout !) et un aéroport international de l’autre, sous le taud de pluie avec la main au dessus du verre de ti-punch pour éviter que ce dernier ne soit trop dilué par les averses qui trouvent quand même le moyen de contourner la capote, et le crépitement des gouttes sur les hublots et sur le pont

Ah, tout de suite, ça fait moins rêver, hein ? Parce que oui, vous n’avez pas le monopole du mauvais temps, en Europe. Ici aussi, il fait moche depuis 2 semaines. On a eu quelques jours de beau temps en arrivant à St Lucia, ce qui nous a permis de faire pas mal de bricolage, mais depuis, les coins de ciel bleu ne se montrent qu’avec une extrême parcimonie, entre 2 grains plus ou moins pêchus.

On en a eu quelques aperçus pendant la traversée entre St Lucia et la Martinique, c’est grosso-modo le même scénario : ça commence par une franche pétole, et un voile à l’horizon surmonté par un gros nuage grisâtre. C’est joli, il peut y avoir de très beaux arcs-en-ciel ! Et tout à coup, ce sont 25 nœuds de vent qui vous tombent dessus, accompagnés par de cinglantes giboulées de mars décembre. Malheur à celui qui n’a pas pris un ris ou deux tant que le vent avait du mal à faire tourner l’anémomètre ! Ou encore à celui qui avait mis son linge à sécher dehors, ou ses coussins (ou même ses peluches) à aérer …

Première destination : le Marin pour récupérer une commande de matériel destiné à une dernière tentative de réparation de Charlotte le pilote (en vain, malheureusement) et un petit paquet cadeau (merci !). Le mouillage est bondé – Schnaps a même du mal à s’y trouver une place – tout comme la marina, on est dans une mini-grosse ville avec des immeubles partout, rien à voir avec la petite bourgade sur les bords de Rodney Bay … On est quand même contents de retrouver un supermarché avec de la crème fraîche épaisse, des petits suisses, du fromage blanc et du Munster, même si on est déçus par les prix des fruits et légumes, et ça ne changera pas par la suite. Allez comprendre : les maracujas (fruits de la passion) ont plus que triplé de prix par rapport à St Lucia, la pastèque coûte 3 € le kg (ce qui nous fait du 10 € la petite pastèque !), et le melon 4 €. Tout (mais vraiment tout : fruits et légume, viande … ah non, pas le rhum !) ce qui est “made in Martinique” est hors de prix, et ce qui vient de métropole est à peine plus cher qu’au Carrefour d’Issy les Moulineaux. Y aurait-il des réglementations absurdes mâtinées de droits de douanes ou de taxes (et/ou exemptions) à l’importation ? N’y aurait-il pas un peu du foutage de la g….e du monde lorsque ‘certains’ Martiniquais ou Guadeloupéens parlent de “pwofitation” et qu’on essaie de nous vendre en nous regardant droit dans les yeux – donc en nous prenant pour des jambons de 6 semaines – un bout de tissu à 3 fois le prix normal ou une carte postale à 2 euros ?

Bon, passons sur ces considérations terre à terre qui ne sauraient gâcher notre séjour de rêve, rappelons-le, au pays des cocotiers et des plages de sable fin …

Parlons-en, donc, des cocotiers et du sable fin ! Nous avions repéré sur la carte un petit mouillage reculé au fin fond de la baie de Fort-de-France. Mouillage reculé qui présentait notamment l’avantage d’être relativement proche de 2 zones commerciales où nous avions des courses à faire (tissu, bricolage, électronique pour rattraper les bourdes de Conrad qui n’est pas foutu de respecter ses engagements, je leur en veux et c’est pour ça que je les cite ici, non mais, bande d’ânes). Après une étape sans histoire passant par le Passage des Fous entre le rocher du Diamant (qui était considéré par les Anglais comme un vaisseau de Sa Majesté et était défendu comme tel, ils sont fous ces Anglais) et une remontée au près de toute la baie au crépuscule pour arriver dans un chenal bordé sur la fin de deux épaves dont seuls les mâts dépassent de l’eau (bonjour l’ambiance !), nous nous retrouvons à l’ancre avec juste ce qu’il faut d’eau sous la quille au milieu de la mangrove, dans le Cohé du Lamentin. Ça s’appelle le Lamentin car avant, il y avait apparemment ces drôles de bestioles à l’air un peu bête qui y vivaient :

Ben quoi, z'avez jamais vu un lamentin avec un bonnet de Noël ?

Le mouillage est on ne peut plus paisible, ça ne bouge pas d’un iota. Normal, c’est un trou à cyclone (endroit où viennent se réfugier les bateaux lorsqu’il y a un cyclone). Il y a juste ce qu’il faut de vent pour Irène l’éolienne. Bon, il pleut toujours, mais c’est une constante et il n’y a pas de raison qu’il pleuve moins ici qu’ailleurs. On en profite pour récupérer de l’eau grâce au taud de pluie qui remplit ses seaux au rythme des grains et des averses. Nous, on visite les zones commerciales, on fait les courses pour le repas de Noël (feuilles de Brick, pintade au miel et au cidre, risotto à la courge cuit dans le jus de la pintade, et tarte poire-amandes-chocolat, le tout arrosé de Madère 5 ans vachement bon, oui on ne se refuse rien, et d’un bon St Emilion estampillé cadeau des copines) et pour le bricolage sur Schnaps. On tombe au passage sur une plage où sont entreposés des Gommiers, embarcations colorées, taillées dans des troncs d’arbres où une dizaine d’équipiers prennent place pour se mettre au rappel sur des échelles en bois. Assez spectaculaire, surtout quand ça passe entre les bateaux au mouillage ! A propos de bateaux au mouillage, on rencontre d’ailleurs un autre équipage (Max, Nico et Milène) avec qui on partage quelques repas et nous aident à comprendre pourquoi ce mouillage est déserté par les hordes de voiliers que l’on peut rencontrer partout ailleurs : la description qui en est faite dans le guide de navigation français sur les Antilles est absolument décourageante ! Tant mieux, nous on a les instructions américaines et anglaises, factuelles, concises, précises et objectives, et on est tranquilles dans un mouillage qui ne restera pas dans nos mémoires comme le plus sensationnel mais ma foi tout à fait correct et agréable.

Ben quoi, z'avez jamais vu un Gommier tirer un Père-Noël en ski nautique ?

Nous quittons finalement notre antre pour mouiller sous le Fort Louis, à Fort de France, pour des dernières courses (oui, encore !! ce qu’on n’a pas trouvé au Lamentin) et faire les formalités de départ, rapidement expédiées … Mouillage sympa, il y a même un quai équipé d’anneaux exprès pour les annexes, on arrive en centre-ville, tout est à proximité ! Et en plus, à partir de Fort-de-France, il a fait beau, pour de vrai !!

Ah et cette fois l’ultimatum peut être lancé : on est armés jusqu’aux dents, on a un fusil-harpon, alors mesdames les langoustes, planquez-vous ou vous allez finir à la casserole !


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9 comments to Noël sous les tropiques

  • Claire TABARY

    eh, oh, faut pas exagérer, il n’y a plus de neige sur les trottoirs…juste 10 cm de glace, mais même elle aujourd’hui recule. Charlotte, elle sera réparée quand même? je sais que vous êtes des marins émérites mais ça me rassurerait que vous retrouviez sa compagnie. Et puis j’en profite pour vous envoyer toutes mes pensées en cette fin d’année qui fut riche en rebondissements et en esprit d’entreprise, en vous souhaitant le même élan pour 2011. Nous lèverons notre verre demain soir avec vous et pour vous.

    • Eh ben nous aussi on lèvera notre verre à votre santé, peut-être même à la même heure que vous pasqu’on aime profiter de nos journées (c’est l’été niveau températures, mais la nuit est quand même légèrement plus longue que le jour, dont on essaie de profiter au mieux en se levant tôt). Charlotte sera peut-être réparée, un jour, quand j’aurais le temps et les moyens … En attendant elle sera remplacée par Eliott, pour lequel je suis en train de concevoir un circuit de protection contre les surtensions transitoires provoquées par le régulateur d’alternateur (circuit dont certains composants devaient arriver via Conrad et finalement non, heureusement que les détaillants de composants électroniques ça existe encore) …

  • SoYcD

    On dit « pwofitasyon ». Attendez d’être en Gwada, et là vous allez halluciner.
    – En tout cas, joyeuses fêtes à vous, les djeun’s.
    – V.

    • Voui, mais on ira pas en Guadeloupe et c’en est une des raisons … ptêtre un mouillage ou deux pour se reposer sur le chemin d’Antigua, mais pas de descente à terre prévue. Désolé pour la faute d’orthographe, en même temps on a cru remarquer à pas mal d’occasions que ce n’était pas la préoccupation première, y compris sur les panneaux officiels … Joyeuses fêtes aussi !!

  • tite laure

    ben Clairette t’as des gros seins maintenant???

    – BONNE ANNEE!

    • Je le savais, j’aurais dû mettre une légende pour préciser que c’était pas nous sur les photos : moi j’ai pas d’aussi gros seins (ni les cheveux longs) et Tomtom il a beaucoup plus de poils sur le torse. Mais pour la défense de Tomtom, qui a trouvé la photo de la Mère Noël, essaie de trouver une Mère Noël habillée pour la météo des Antilles avec des petits seins…
      – Bonne année aussi Tite Laure !!
      Clairette@décuvage après le repas arrosé du Nouvel An

  • Tite Mule

    au final, c’est homard ou langouste au menu du 31 a bord de schnaps???
    des bisous a vous 2!

    • (avec retard…) Et ben c’était raviolis en boîte, la houle ayant décidé de faire la guerre à mon estomac. Mais on s’est rattrapés au 1er janvier avec le foie gras, le confit de canard et tout ce qui va bien pour fêter la nouvelle année dans un mouillage stable (mais très venté !).
      Bonne année Tite Mule !!

  • Bon ben rebelote pour le 31 : 35 noeuds de vent, et une 20aine de litres d’eau récoltés dans la journée. Ajoutez à cela une houle de Nord qui fait le tour de l’île et qui perturbe l’estomac de Clairette, et vous obtenez un report de réveillon … Nous de toutes façons on est à l’heure qu’on veut et le jour qu’on veut sur le bateau ! En cherchant sur le ternet, j’ai trouvé une éventuelle explication au temps pourri partout, ce serait le soleil qui ferait des siennes en ce moment (depuis le début du mois de décembre), et ça affecte tout le monde, même ceux qui sont partis aux Antilles pour se la couler douce : http://www.weatheraction.com/d…..6&c=5

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