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Calheta > La Palma

L’inconvénient de prendre son temps avant d’écrire l’article de blog qui correspond à une traversée, une visite, c’est qu’il faut faire l’effort de s’en souvenir, et que bien souvent, on en oublie une partie (moi et ma petite tête, en tous cas !).

Mais heureusement, en ce qui concerne les traversées, le livre de bord nous raconte des tas de choses.

D’ailleurs on n’a encore rien dit sur le livre de bord, je vais donc dévoiler aux non marins l’utilité de cet ouvrage écrit au long cours. Le livre de bord, c’est un document obligatoire à bord, dans lequel on raconte tout ce qui est lié à la navigation : le vent, la mer, la météo, la position du bateau, son cap, sa vitesse, la voilure, ou bien si c’est le moteur qui nous pousse… Ces informations-là, celui qui est de quart (ou Tomtom si Clairette est malade) les inscrit régulièrement sur le livre de bord. Et ça nous permet, si par malheur toute l’électronique tombe en panne, d’estimer la position, avant de se référer aux bons vieux moyens non électroniques pour faire la navigation.

Mais on indique aussi dans ce livre de bord quand on a fait le plein d’eau, de gasoil, quand on fait des réparations… Par exemple, grâce à ça, on peut estimer que jusqu’à maintenant, on consommait 2 litres de gasoil à l’heure, ce qui est ma foi un peu trop,mais cette mesure est faussée par une fuite que Tomtom a réparée ces jours-ci (c’est une autre histoire, qui viendra plus tard).

On raconte aussi ce qu’on a envie d’y mettre : la pêche, le moral du bord, les jolis coins vus à terre…

02-Livre de bord.jpg

Ma source d'inspiration pour cet article : notre fidèle livre de bord

Le livre de bord sera aussi un souvenir, plus tard… On a donc cherché un joli livre de bord, dans lequel on ait envie d’écrire, qui donne envie de le rouvrir dans quelques années et que nos arrière-petits-enfants feuillèteront avec émotion …

On s’est d’abord penchés sur les Moleskine, les célèbres carnets à couverture rigide noire, dans lesquels ont écrit Hemingway ou Boris, dessiné Van Gogh ou Picasso. Ce sont de très beaux objets, mais plutôt destinés à être emportés partout qu’à devenir des livres de bord : pas assez grands à notre goût… Direction une papeterie à Lorient pour découvrir d’autres modèles, toucher le papier du doigt, trouver une chouette gamme allemande : le Semikolon. Une belle couverture rigide, recouverte d’un tissu coloré, du papier épais, filigrané, sans lignes, du format A4 : parfait ! On s’est simplement faits recevoir comme des malpropres quand on a demandé à en commander de plusieurs couleurs différentes (il n’y en avait qu’un en stock non ligné), dans un délai de moins de 3 semaines. Soit. On a commandé comme des grands, directement en Allemagne auprès du fabricant (c’est là qu’on est contents que Tomtom se débrouille à peu près en Allemand, on a commandé pas mal de choses là-bas qui sont bien moins chères qu’en France), et on a eu nos livres de bord !!!

01-Livres de bord.jpg

Quatre livres de bord à remplir : de belles pages blanches pour une nouvelle aventure

Bon c’est pas tout ça, on avait dit que je racontais la traversée depuis Madère…

Nous sommes donc partis non pas le dimanche comme prévu (journée de pétole) mais le lundi, de la marina de Calheta qui nous a aimablement fait une ristourne sur le prix total de la place de port (c’était la bonne nouvelle pour la tirelire). Départ vers midi, cap à suivre : 186°, 2 jours de traversée prévus, c’est tout droit.

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Nous quittons Madère, coiffée d'un gros nuage

L’île de Madère perturbe l’écoulement du vent à ses abords, et jusqu’à 17h environ, nous avons senti ces perturbations. Rien de bien exceptionnel comme lors de notre première tentative d’arriver à Calheta, mais du vent variable, en vitesse et en direction. Nous avons commencé la traversée au près (donc à peu près face au vent) pour ensuite trouver du travers (vent de côté), qui est plus tard passé portant (dans le dos). On peut dire que sur une grande partie de la traversée, le vent ne s’est pas trop foulé. 7, 8 nœuds… 4 nœuds… Des pointes à 15 nœuds sous un gros nuage noir, s’affaiblissant au fur et à mesure de son éloignement… On a bien eu le temps d’admirer Madère scintillant dans ses lumières nocturnes (pas de photo, ça bougeait trop pour faire une longue pose ! dommage, c’était sympa) mais Schnaps n’aime pas le vent tout mou. Lorsque le vent ne gonfle pas suffisamment ses voiles (on n’a pas investi dans une voile de petit temps, plus légère), il se fait balloter par la houle, il roule, les voiles se déventent avec le roulis, claquent, le gréement couine, la structure vibre… Ce n’est pas bon pour le matériel, qui s’abîme et s’use, ni pour nous, qui subissons le bruit, les mouvements inconfortables et sentons le bateau se tordre lorsque les voiles se gonflent tout à coup, tout en sachant qu’on ne progresse pas à plus de 2 noeuds … En général on commence par affaler la GV (c’est elle qui est le plus sensible au roulis), puis, si vraiment ça continue, on craque et on met en route le moteur pour ‘faire’ du vent apparent (en fonction de l’allure), en scrutant les variations de vent réel pour éteindre le bourrin et retenter la nav à la voile pure…

Il n’y a pas eu trop d’excès de moteur cette fois : environ 2h30 au total sur la traversée (hors départ et arrivée de port).

03-Coucher de soleil sur l'Atlantique.jpg

Un coucher de soleil en nav, c'est classique mais joli et toujours agréable

05-La mer est ronde.jpg

La mer est ronde... C'est aussi le titre d'un livre de Jean-François Deniaux qu'on vous recommande !

Nous avons tenté notre chance à la pêche, lorsque la vitesse le permettait : à bâbord, c’est Dalida qui a été chargée d’attirer la poiscaille, à tribord Alison a fait de son mieux, suivie de Trude (la soeur jumelle de Ger). Oui, on a donné des noms à tous nos leurres.

Il semblerait qu’Alison ait réussi à séduire du poisson, mais elle a choisi un poisson intelligent (enfin presque, il a quand même été séduit par un leurre en plastique) : elle a perdu quelques lanières de jupe dans la bataille… mais l’hameçon est resté intact et n’a pas ferré la moindre mâchoire atlantique. Ni Trude ni Dalida n’ont fait mieux, et résultat, on a dû se rabattre sur Ramon, notre jambon. Grosse déception…

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De gauche à droite : Dalida et ses plumes, Trude et Alison croquée (tout à droite)

En approchant des Canaries, nous avons tout de même eu un peu plus de vent, le mercredi matin, accompagné par quelques dauphins, les premiers depuis le Portugal. Il était déjà exclu à cette heure là de terminer la traversée en 48 heures, on avait encore de la route devant nous… Mais ça nous a fait du bien de retrouver des vitesses autour de 5 nœuds, on avançait enfin !

07-L'île de La Palma.jpg

Entre le nuage et la mer, l'île de La Palma !

Nous avons fini par arriver jeudi à 2h du matin, sur le ponton d’accueil de la marina de Santa Cruz de la Palma, réceptionnés par un aimable gars du port qui nous a donné tous les papiers pour qu’on puisse être en règle et se diriger vers une place de port après une courte nuit, vers 9-10h.


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