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Porto de Leixões > Cascais

La trace de Schnaps entre Porto et Cascais

Après quelques jours de bricolage, nous quittons le port de Porto de Leixões (que nous ne tarderons pas à regretter) pour descendre un peu vers le Sud. C’est pas tout ça, mais les bricolages, parfois, on s’en lasse, et puis il fait beau, et puis ça serait bien de descendre vers Madère, on était déjà censés être au Sud du Portugal fin août.

En plus de cela, notre dernière nuit s’est faite au mouillage, juste derrière la jetée du port, et comme on l’a vu plus tôt, les dragueuses s’y sont mises à plusieurs pour nous empêcher de dormir, à coups d’explosions sous-marines s’il le fallait (c’est bizarre une explosion sous-marine, ça fait beaucoup de bruit, mais surtout, les vibrations se transmettent dans l’eau, la dérive et la coque vibrent… brr, désagréable). Sans compter que ce mouillage bouge beaucoup, on était presque malades tous les deux le matin de notre départ…

Nous partons donc, vers le Sud, les îles Berlingues, ou un port juste avant ou juste après, suivant comment on avance. Première étape : test de l’hydrogénérateur et de sa fixation améliorée. Nous sommes encore dans la zone portuaire, au moteur, pour bien maîtriser la vitesse de Schnaps. Les dragueuses font toujours un boucan pas possible, mais il semble que l’hydrogénérateur et ses supports ne sifflent pas jusqu’à 5 noeuds, tant mieux. Nous hissons les voiles pour sortir du port, et accélérer. L’hydrogénérateur se met à siffler dès qu’il passe 5 ampères de production (à peu près quand on dépasse 6 noeuds). C’est vraiment un sifflement intense, désagréable, pas juste un petit sifflotement discret… Hop, on passe face au vent pour diminuer au maximum notre vitesse et remonter le bruyant Arsène (oh oh elle est pas mal celle-là : on l’avait appelé Arsène l’hydrogèn, et ce petit malin larsène…)

02-L'hydrogénérateur au travail.JPG

Admirez l'ampèremètre qui indique une production de plus de 5A par Arsène, ça ne se reproduira pas tant qu'on n'aura pas de solution pour le faire taire...

Bref, on abandonne l’idée de produire joyeusement des dizaines d’ampères dans les alizés, quand on sera au portant, à moins que le fabricant d’Arsène nous indique la solution miracle. Et puis ce gros malin nous bouffe quand même un noeud de vitesse !!

Bon c’est pas tout ça, nous on a décidé de descendre. On en a pour environ 24h selon les premières prévisions. La houle très longue du départ, pourtant très belle, aura raison de mon estomac. Et oui, en 4-5 jours de bricolage, je me suis désamarinée… C’est pas grave, je continue à manger les bonnes pâtes préparées par Tomtom, toutes les 3-4 heures, par petites portions. Quelques-unes finiront bien par rester dans mon estomac…

Par contre j’ai un peu du mal à me souvenir du vent et des conditions météo… Vous comprendrez peut-être pourquoi c’est surtout Tomtom qui a raconté les traversées jusqu’ici… C’est que résumer à « là j’ai vomi, là aussi, ah, là ça allait mieux, et puis c’était joli », c’est vite lassant. Mais pendant ce temps, on avance pas trop mal, au grand largue tribord amures, en restant vigilant pour éviter les bouées vicieuses. De jour c’est déjà pas évident car elles sont pour certaines très mal signalisées, alors de nuit… D’ailleurs on a pris un peu vers le large pour atteindre des profondeurs auxquelles les marins locaux ne posent plus de filets. Ca tombait bien, le vent Nord Nord Ouest au début nous a permis de faire un peu d’Ouest au grand largue, puis il a tourné au Nord Ouest pour que nous tournions vers le Sud sans rien changer aux voiles !

03-Bouée de filet vachement bien signalisée.JPG

Petit jeu : à quelle distance arriverez-vous à distinguer cette bouée ?

14-Ca c'est du fanion.JPG

Et celle-ci, avec son magnifique fanion réduit à une fine bande de tissu effilochée ?

05-Bouée de filet et son flotteur.JPG

Attention celle-ci est dangereuse : un câble relie les 2 flotteurs à 1m de profondeur environ, et se fera un plaisir de s'emmêler dans l'hélice...

Le vent a légèrement molli avec la nuit, mais rien d’alarmant, pas de quoi démarrer Dédé le XUD. A 1h30 (c’est écrit dans le livre de bord), Tomtom a empanné et tangonné le génois pour faire du vent arrière ou presque (le vent a tourné à nouveau vers le Nord) : direction le Sud !

En approchant des îles Berlingues, on profite d’une faiblardise du vent et de l’état de décharge de nos batteries pour mettre en route le moteur. Tomtom, attentif, surveillait le répartiteur de charge… ça n’a pas manqué : il s’est mis à chauffer. Démontage, on remet en route notre mode de charge dégradé. Cette fois, c’est une rondelle en partie peinte qui est en cause : la peinture empêchait la connexion d’être parfaite. Pour énerver un peu Tomtom (c’est son quart, moi je fais la sieste), le contact du moteur s’est arrêté et le fusible a sauté, deux fois de suite !! NDTLGP : chtoïng chtoïng chtoïng le fusible a sauté Grin. On comprendra plus tard que de petits câbles électriques alimentés en 12V pendouillent dans le moteur, touchant de temps en temps le moteur, c’est-à-dire la masse, et là chtoïng chtoïng ça saute et ça coupe le contact.

Les îles Berlingues c’est quand même fichtrement joli…

06-Ile Velha.JPG

L'île Velha

10-Ile Berlenga et fort.JPG

Un ancien monastère construit sur un caillou flottant - maintenant c'est une auberge de jeunesse

09-Tunnel sous la montagne.JPG

Des arches dans la roche, certaines sont traversantes !

Mais par contre, côté mouillage, ce n’est pas abrité et le fond (de la roche et des crevasses) n’est pas sûr, donc on préfère prendre la direction de Peniche, sur la côte, un port de pêche.

Nous passons devant ce qui ressemble à un mini port de plaisance, visiblement assez plein, et un bonhomme en uniforme nous dit d’aller plus loin. On est obéissants, on va plus loin. Mais à part des quais de 10 mètres de haut réservés aux bateaux de pêche, on ne voit rien qui puisse nous accueillir… On a dû mal comprendre, on revient. Le gars nous répète : le 3ème ponton ! Première hypothèse : il se foutait de nous, car en guise de ponton, il n’y avait que les quais des pêcheurs. Mais il parlait quand même bien français, ça serait étonnant qu’il fasse autant d’efforts linguistiques pour se moquer de nous. Deuxième hypothèse : le soir tombait, il nous a pris pour un bateau de pêche avec notre superbe portique. Troisième hypothèse : c’est nous qui n’avons rien compris.

On ne saura pas laquelle de ces hypothèses était la plus valable, en tous cas on a décidé de mouiller près de quelques autres bateaux amarrés à des bouées. La catastrophe du soir, bonsoir : mauvaise manip en mettant l’ancre à l’eau, nous déplorons la perte d’un pouce de Clairette. Heureusement, le petit guide médical que Mamodile nous a offert et Tomtom l’infirmier arriveront à la conclusion suivante : légère entorse du pouce, un bon strapping et ça ira mieux dans quelques jours.

Un grand merci donc à Mamodile, le bouquin est super bien fait (si ça intéresse du monde, il s’agit du Petit manuel de médecine de bord – Des piqûres d’oursin aux membres brisés du Dr Emmanuel Cauchy) et à Florian, car la bouteille de bière qu’il nous a offerte et qu’on avait mise au frais a 1) soulagé l’entorse par le froid pendant une bonne heure (qu’est-ce que ça marche bien, le froid) et 2) été dégustée pour réduire les effets secondaires de la douleur, après un passage au frigo entre les deux étapes.

Deuxième mauvaise nouvelle du soir : il y a de la mayonnaise dans le vase d’expansion du moteur. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec la cuisine de Dédé, quand le liquide de refroidissement d’un moteur présente une consistance de mayonnaise, c’est qu’il y a eu un échange liquide de refroidissement – huile, probablement par le joint de culasse défectueux, et du coup de l’eau peut entrer dans les cylindres, ce qui risque de casser tout le moteur. Or changer le joint de culasse, c’est pas drôle (et accessoirement, on n’en a pas de rechange à bord). En plus on n’a pas d’internet ici, pas moyen de trouver plus d’information pour valider l’hypothèse mayonnaise… Pff décidément, cette escale !! Une partie de l’équipage présente ce soir-là un désespoir que l’autre partie de l’équipage essaiera de contrebalancer, mais faut bien l’avouer, on se demande quand ça sera les vacances, quand on pourra naviguer sans bricoler tous les 2 jours pour réparer ce qui vient de casser et qu’on a pourtant éprouvé pendant le convoyage puis examiné sous toutes les coutures pendant la préparation

On décide de partir le lendemain assez tôt, après s’être reposés, vers Cascais. Pétole. Tant pis, faut y aller quand même, vas-y Dédé, on surveille de près ta température… 6 heures de moteur, quand même ! Deux autres voiliers, légèrement plus au large, ont les mêmes difficultés que nous à gonfler leurs voiles. Puis le vent se lève, le silence est bienvenu !! Il faut dire qu’au niveau des caps « Cabo da Roca » et « Cabo Raso », en général, le vent accélère brutalement, jusqu’à 35 noeuds en conditions normales. Il ne sera pour nous que de 20-25 noeuds, mais déjà, ça nous change des 10 noeuds difficilement atteints juste avant !

18-Le côté Sud du Cabo da Roca.JPG

Le Cabo da Roca et un des voiliers qui ne nous rattrappera pas (gniark gniark)

22-Cabo Raso et les montagnes.JPG

et le Cabo Raso, des montagnes au fond...

Comme il paraît que les bars aiment les courants assez forts et qu’on a une ligne à bar à bord (merci les copains), on la met à l’eau, en surveillant encore plus les filets (il ne s’agirait pas non plus de pêcher toute une cargaison). Résultat : les maquereaux du coin aiment les leurres à bar… Un mini maquereau pêché, relâché, un deuxième maquereau idem… Au troisième maquereau, on le garde, Tomtom lui coupe la tête, le rince… Et il replonge, l’imbécile (NDTLGP : oui bon, ok, mais en même temps j’ai bien fait de le jeter malencontreusement avec l’eau de rinçage, on n’en a pas rechoppé après, ça aurait été bien trop petit pour deux) !!! Pas de poisson au menu ce soir…

Arrivée à Cascais, un grand port de plaisance à proximité de Lisbonne, pour élucider le mystère mayonnaise et les faux-contacts qui font sauter les fusibles… Mais je préserve le suspense pour le prochain épisode !!

Pour terminer quand même sur un point positif concernant le mal de mer, je n’ai pas du tout été malade pendant cette deuxième journée. Elle était certes plus facile que la première, moins de vagues, mais ça reste réjouissant de manger avec plaisir, de se sentir bien sur l’eau, de ne pas être ramollie…


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5 commentaires pour Porto de Leixões > Cascais

  • Carole

    Un grand bonjour à tous les deux,
    je recommence de nouveau à suivre vos aventures depuis mon château en angleterre…(:-)Hé oui! Je vous souhaite beaucoup de courage pour tous vos bricolages et espère que cela va vite cesser, bobos, vomitos, mayo…pas rigolo!
    Très beaux paysages, j’ai bien envie d’aller dans cette auberge au ras de l’eau avec Dam -> vais lui proposer. Merci de nous faire voyager, bon rétablissement de ton doigt clairette et à bientôt !
    carole

  • mamounnette

    Bonjour à vous deux
    Et merci pour les nouvelles
    Comment va le pouce de Clairette ?
    Bisous

    • Le pouce de Clairette va assez bien, il se répare… Et moi j’apprends à me servir un peu plus de mes 9 autres doigts !
      En tous cas pas de douleur (sauf si je fais l’imbécile à m’en servir), c’est signe que la guérison est en cours :o )

  • Mamodile

    Eh ! contente qu’à distance l’on puisse vous être utile(s), mais vous n’êtes pas obligés de tout tester, quand même ! Bonne convalescence à Poucet de Clairette, et bien meilleur tout ! La lecture de vos nouvelles -en décalage- nous rapprochent !

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