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… & Barbuda

Barbudaplage.jpg

Barbuda, c’est une île quasi-déserte. Notre mouillage se trouve le long d’une plage d’environ 20 km de long, qui nous sépare d’un lagon, il n’y a quasiment personne au mouillage, on est mieux qu’à Antigua… L’eau, cependant, n’est toujours pas transparente, la faute aux particules de corail en suspension. Une belle couleur turquoise, mais on ne voit pas à 1 mètre là-dedans !! Ça ne nous empêche pas de passer 3 jours tranquillou, à nager jusqu’à la plage, parfois contre le vent (c’est long ! mais au moins, on fait du sport), à écrire des bêtises en sable sur la plage, à soupeser les énormes coquillages ramenés par la mer sur le sable (c’est lourd, ces trucs-là !!), et à bricoler. Oui, on a toujours une tout-doux liste de bricolages, dont on barre les lignes allègrement à chaque fois qu’on termine un bricolage. Voici notre tout-doux liste d’Antigua et Barbuda :

  • Les loupiottes à LED : régler le problème d’allumage dans le carré (une soudure oubliée !), regarder la liseuse de Clairette dans la cabine avant qui fait sauter les plombs (un petit court-circuit sur l’interrupteur), installer la petite loupiotte à LED dans les toilettes
  • Installer un détecteur de luminosité pour ne plus s’embêter à allumer / éteindre les feux de mouillage ou de navigation à la tombée de la nuit / au lever du jour
  • Refixer le joint du hublot de la cuisine qui fuit
  • Resserrer les drosses de barre
  • Mieux fixer le vérin du pilote à la coque à coups de cales et d’époxy
  • Ecrire des articles de blog (oui, parce qu’on a beau être devant une plage déserte, on capte un wifi assez pêchu ! A priori depuis Codrington, à 3 km de là … Merci la boulette !)
  • Lancer une sauvegarde des fichiers du blog (les bases de données, c’est bon, ça se fait automatiquement maintenant)
  • Modifier le mini-blog pour pouvoir entrer les coordonnées GPS telles que le GPS nous les affiche (jusque maintenant, on sortait la calculatrice pour transformer des secondes en millièmes de minutes à chaque envoi de mini-mél, maintenant, c’est plus simple, et en plus maintenant c’est connecté directement au GPS du coup on n’a presque plus rien à faire !)
  • Modifier le format des liens sur le blog pour qu’ils soient plus visibles
  • Relire le rapport de stage de Florian
  • Traiter et polir l’inox du balcon avant (là où on a dégommé les bidouillous qui abimaient le génois)
  • Enlever la barbe verte qui pousse sur la coque de Schnaps
  • Installer des charnières sur le siège de barre pour pouvoir le replier et gagner de la place dans le cockpit au mouillage
  • Faire la vaisselle (celui-là c’est juste pour le plaisir de le barrer)
  • Trier les photos, les renommer et les mettre sur Picasa
  • Relier la plaque d’alu de blindage du nouveau calculateur de pilote à la masse par une bande de cuivre (= bricolage dans l’endroit le plus inconfortable et inaccessible de Schnaps)
  • Ôter la rouille sur le portique, les fermetures des sangles qui tiennent le BIB, et tout ce qui commence à rouiller avec une brosse à dents imbibée d’acide phosphorique
  • Refaire une épissure pour la main de fer (qui permet d’attacher la chaîne d’ancre à un taquet sur le pont plutôt que de faire reposer tous les efforts sur le guindeau) dont le cordage a été usé malgré son tuyau de protection par le va-et-vient des vagues lors de nos mouillages en eaux très peu profondes (2 mètres) à Antigua et ne tient plus que par 2 torons sur 3. Le nouveau cordage est en « squareline » à 8 torons, cordage bien plus performant que le 3 torons mais plus difficile à épisser, surtout sur un cordage pas tout neuf … ça m’a pris 8 heures en tout !
  • Préparer le changement de câblage de charge (on vous en reparlera ptêt plus tard)
  • installer la nouvelle version d’OpenCPN, notre logiciel de navigation, en y incluant les petites modifications bien pratiques faites précédemment, ce qui implique une recompilation de tout le bidule. On en a profité pour lire le manuel : on savait déjà pas trop mal s’en servir, mais on a appris des petits trucs en plus…
  • Geeker intensément (bon là j’avoue, je n’ai pas suivi en détail tout ce que Tomtom a fait, j’ai entendu parler de défragmentation, d’antivirus, de compilation, de bibliothèques qui ne sont pas à jour, de formatage, de windows 2000 etc… ) NDTLGP : en vrai, j’ai passé plein de temps à essayer de recompiler OpenCPN avec des versions de bibliothèques (des fichiers tous faits avec des tas de fonctions de temps) trop récentes pour lui, tâché de faire en sorte que l’ordi de bord, qui est un peu vieux, soit le moins lent possible, et en ai profité pour lancer des sauvegardes de tout le bazar pour le cas où Murphy l’informaticien se remanifesterait. Du coup Clairette se moque de moi, gnagnagna
  • Rechercher de l’info sur notre prochaine escale : Anguilla ? (et ben non)

Lundi matin, nous avons un peu déplacé le bateau pour nous rapprocher de Codrington, le village de l’île, pour faire les formalités de départ. Je vous mets une petite carte pour suivre un peu nos périples…

Barbudacarte.JPG

Les mouillages de Schnaps, et notre petit trajet pour aller à Codrington et en revenir. Le tracé est peu précis, en réalité on ne sait pas exactement où on est passés à l'aller...

Codrington, c’est de l’autre côté du lagon, et le lagon, avec le vent qu’il fait et le clapot qu’il génère, n’est pas traversable en Axe. Donc on s’est installés un peu au sud, juste face à l’extrémité du lagon, persuadés que ça réduirait le trajet jusqu’à Codrington. En plus, ça nous permet de sortir de la zone de récifs (les petits + sur la carte) pour avoir le champ libre pour le départ de nuit du lendemain.

Première étape : Schnaps-plage en annexe. Pas moyen de trouver un endroit sans rouleaux, on fait de notre mieux pour débarquer sans trop se mouiller… Mais alors que j’ai réussi à descendre, les papiers importants emballés de façon étanche et attachés autour du cou, une vague vicieuse arrive et renverse l’annexe dans laquelle se trouvaient encore les baskets, les rames, le gonfleur et Tomtom. Le tout est trempé, mais rien n’est perdu.

Deuxième étape : petit footing dans le sable en cherchant un chemin qui part dans les broussailles. Bingo, là, regarde, un chemin ! Un 4×4 pourrait y passer, c’est vraiment un chemin, pas juste une trace de grosse bête qui est venue se perdre ici.

Troisième étape : finalement, ce chemin, c’est bizarre, il y a des endroits où il a l’air bouché par la végétation, avant de repartir dégagé comme avant… Et puis il ne prend pas la bonne direction, dis, tu sais où on va ? Bon, là, le footing, c’est fini. N’ayant plus de chemin sous les yeux, on s’enfonce dans les broussailles piquantes et écorchantes, guidés par une éclaircie (oh, une clairière qui donne sur rien du tout), par une autre éclaircie (oh, encore une clairière – aïe, fais gaffe à cet arbuste, il a des épines cachées, le con, d’ailleurs j’en ai une coincée dans le bout du doigt, ça pique), et finalement par des barbelés longés par un pseudo-chemin marqué par du crottin de cheval. Le crottin de cheval frais, dans ces cas-là, ça vous rassure un Tomtom et une Clairette : si un cheval est passé par là récemment, on va suivre sa trace, on arrivera bien quelque part.

Quatrième étape : waou, une route ! une vraie, en sable certes, mais une vraie, des traces de pneus, des intersections (ah, ça se corse) et finalement, un bruit de gros moteur rassurant qu’on s’empresse de rejoindre. Le gros moteur, c’est un camion-benne qui transporte du sable, et son chauffeur Tommy qui d’abord nous indiquera la route, puis, nous voyant dans son rétroviseur reprendre notre footing sur ce terrain dégagé, nous fera monter à bord pour nous avancer un peu sur la route. Tant mieux, c’est long, et la route, c’est pas drôle. Et puis le camion-benne, c’est glamour.

Cinquième étape : Tommy nous confie à des collègues des incendies en forêt, en pick-up, lesquels nous déposent devant l’office de tourisme après encore quelques minutes de route (plus confortable que le camion-benne, mais moins original).

Sixième étape : on fait les formalités. C’est facile, après les étapes précédentes ! Il suffit, à l’office de tourisme, de récupérer un petit papier du Port Authority, ensuite d’aller aux Customs à côté de l’aéroport, où, en discutant avec le préposé aux customs, on apprend qu’il y a des water-taxi pour traverser le lagon – ça l’a bien fait rire qu’on ait visité le bush, le camion-benne et les pompiers ! – et enfin l’immigration. Ça ne coûte rien, les bureaux sont ouverts entre midi et deux (ça tombe bien, avec ces chemins qui n’en sont pas, il est midi et demi, on était pourtant partis vers 10h) et c’est vite fait.

Septième étape : Au ponton des water-taxi, on lit les prix affichés, hors de prix : 40 US$ pour se faire déposer de l’autre côté du lagon. Faut pas déconner, on n’a pas envie de se faire avoir, s’il le faut, on repart à pied (en essayant de trouver un meilleur chemin, mais nous connaissant, on sait comment ça finira). On attend quand même l’arrivée d’un water-taxi pour voir ce qu’on arrive à négocier, ce qui ne trainera pas : en voilà un qui dépose tout un lot de français. On discute avec eux : ils ont payé 5 US$ par personne (ils sont 8), ça nous semble bien plus raisonnable ! Mais bon, nous dit le gars, fier de lui, on a négocié, parce qu’ils font leur beurre, hein. On demande au passeur, qui justement se prépare à retourner vers la plage, combien ça coûtera pour nous deux : 20 ici$ (7.40 US$ pour nous deux, soit moins que ce que le groupe a eu en négociant). C’est probablement parce qu’il doit de toutes façons traverser, donc autant ne pas le faire à vide, mais on a de la chance, dis-donc Smile S’ensuit une traversée du lagon à fond les ballons, qui nous confirme qu’avec Axe ç’aurait été vraiment la merde et qu’on a bien fait de ne pas la tremper dans cette eau-là.

Huitième étape : Remise à l’eau d’Axe, côté mer, après une longue observation des vagues qui s’écrasent. Personne ne passe à l’eau, cette fois !! et retour à bord de Schnaps, ben dis donc, on aura visité l’île, au moins, et ça va nous faire des choses à raconter !


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4 commentaires pour … & Barbuda

  • Gnègnès

    Moi j’imagine très très bien mon grand frèro se retourner avec Axe dans les vagues… hihihi…

    • Bon, hé, vivement que tu partes dans le bush australien sans internet toi. Nonmého. Si tu continues on va te pourrir les commentaires de ton blog … ah non, zut, déjà fait …

  • Claire TABARY

    vous auriez dû prendre la vaisselle avec vous, dans Axe: elle aurait été aussi propre que dans un lave-vaisselle, entre le sable et les rouleaux. Bon, après, c’est moins facile pour tout rassembler… Heureusement qu’il y a des endroits où les formalités sont moins pesantes, j’admire votre « zénitude ». A part ça, le coin a l’air bien sauvage à souhait et bien chouette.

  • mamounnette

    Merci ! Moi aussi j’admire votre « zénitude » !
    Bon voyage !
    Bisous

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