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Granville > Camaret

Du 16 au 19 août.

Nous voici donc repartis de Granville, la relève de l’équipage effectuée. Pour ce tour de Bretagne, nous sommes donc 6. Agnès et Stéphanie sont en effet arrivées juste à l’heure de la marée pour nous permettre de repartir avant que la hauteur d’eau au dessus du muret ne soit pas suffisante pour laisser passer les 1,40 m de Schnaps.

Carole et Damien, peut-être pour se faire pardonner de leur victoire discutable de la veille ( Smile ), nous laissent, pour la suite du voyage, des super-cadeaux : d’abord une petite pochette en plastique vachement pratique qui permet de ne pas mouiller papiers et autres téléphones portables lors des aller-retours en annexe, une ligne de traîne dont nous repoussions toujours l’achat au port suivant, et qui va nous permettre d’agrémenter de poisson frais les pâtes et autres conserves du bord, mais aussi et surtout, geste éminemment appréciable de la part de normands (qui pourtant ont l’air de se respecter), un magnifique Gwenn ha Du.

C’est donc les couleurs bretonnes hissées sous la barre de flèche bâbord que Schnaps effectue le passage de la ligne de démarcation entre la pluvieuse Normandie et la Bretagne abreuvée de soleil.

La journée touchant à sa fin, c’est le moment de tester la ligne de traîne. Damien aurait laissé entendre qu’il se couperait les c******s si on n’attrapait pas de poisson avant Lorient. Ce serait rigolo, tiens ! Manque de bol, 10 minutes plus tard, la planchette japonaise remonte à la surface, et le premier maquereau est immédiatement et cruellement égorgé et dépecé. A peine le temps de remettre la ligne à l’eau, et quelques instants plus tard, un deuxième va rejoindre le premier. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il y en ait suffisamment pour tout l’équipage, ravi (hein Tristan ?) de pouvoir s’émoustiller les papilles avec le produit de la pêche.

Couic le pitit poisson ! (on reconnait très bien les mains assasines et cruelles de Stéphanie)

Couic le pitit poisson ! (on reconnait très bien les mains assasines et cruelles de Stéphanie)

S’en est suivi une petite nuit tranquille, toujours au près (oui, on ne précise plus, mais on est quasiment tout le temps au près, dans ce convoyage !), si l’on oublie le mal de mer de ma pauvre petite sœurette, et le feu de navigation qui s’est remis à clignoter au gré des mouvements du bateau : cette fois ce n’est pas le tableau électrique …

La journée suivante, ponctuée de pêche au maquereau, de sieste, de pâtes, de test de gilet de sauvetage, bref, de tas de choses à faire sur un bateau, fut aussi relativement tranquille, et s’est achevée au mouillage derrière l’île Tomé, en face de Perros-Guirrec, à peu près le seul endroit du coin bien abrité des vents d’Ouest et pas trop encaissé, histoire de pouvoir partir rapidement le lendemain matin sans avoir une rivière à descendre …

Tiens bon Tristan, on met les gazs !!

Tiens bon Tristan, on met les gazs !!

Au mouillage à l'île Tomé, en regardant vers Perros-Guirrec

Au mouillage à l'île Tomé, en regardant vers Perros-Guirrec

En effet, on est un peu pressés, la faute à un force 6 de Sud annoncé vers la pointe de Bretagne pour le mercredi, donc l’objectif est d’avancer le plus possible pour essayer d’y passer avant et de se rapprocher des ports, plus nombreux après la pointe de St Mathieu que le long de la côte Nord.

Une petite photo d'en haut, en réparant le faux contact du feu de nav.

Une petite photo d'en haut, en réparant le faux contact du feu de nav.

Petite nuit tranquille, après une escapade en tête de mât pour corriger le faux contact dans la douille et un démontage-remontage de l’alternateur qui ne voulait plus charger (il a refonctionné ensuite après une journée en mode « pas de moteur » et donc « économies d’énergie »), et départ à l’aube en saluant au passage la côte de granit rose. C’est reparti pour du près, encore du près et toujours du près … jusqu’à ce que le vent, en plus de faiblir, soit vraiment dans le nez, au niveau de l’Ile Vierge, et que l’on décide, histoire d’atteindre l’aber Ildut avant la nuit, de mettre en route le XUDounet.

Monsieur Doudou devant le phare de l'Ile Vierge

Monsieur Doudou devant le phare de l'Ile Vierge

L’aber Ildut, donc, un des 3 abers de Bretagne Nord, avec l’aber Wrac’h et l’aber Benoît. L’approche n’est pas spécialement évidente, alignements, relèvements et compagnie, et l’entrée ne doit pas être plus large que 2 longueurs de Schnaps. Autant dire qu’on a serré les fesses. Mais c’était beau, arrivée au coucher du soleil pour une bonne nuit à quai, car il n’y avait plus de place sur les bouées …

Entrée de l'aber Ildut, au coucher du soleil ...

Entrée de l'aber Ildut, au coucher du soleil ...

La nuit est tombée sur l'aber Ildut et ses chalutiers (au passage, merci Boris pour presque toutes les photos de cette page)

La nuit est tombée sur l'aber Ildut et ses chalutiers (au passage, merci Boris pour presque toutes les photos de cette page)

Départ – encore – tôt le lendemain, pour passer la pointe de St Mathieu avec le courant. En effet, passer dans le chenal du Four contre un courant de 5 noeuds, ça n’aurait pas été une partie de plaisir ! Là, c’est plus facile … tant que la brume ne vient pas s’en mêler. D’un coup d’un seul (pourtant on est loin de la Normandie), un voile opaque s’abat sur Schnaps et ses environs … Au loin, un bruit de moteur qui se rapproche et augmente, assorti de coups de corne de brume. On ne fait pas le poids avec notre trompette, et à vrai dire on fait pas trop les malins. Sur l’ordi, le bateau (ferry Camaret – Ouessant) avance à (trop) vive allure et il y a vraiment risque de collision … Bêtement, je n’ai pas le réflexe de l’appeler à la VHF, pourtant on a son nom, sa position, sa vitesse, son cap. Comme il ne semble pas changer sa route, on vire de bord … pour le voir débouler plein gaz à quelques encablures : il a viré en même temps que nous, le bougre ! Hop, manœuvre immédiate pour repasser sur l’autre bord, et, soulagés mais pas tranquilles pour autant, remettre le cap vers le Sud et parer la pointe St Mathieu (d’après Boris, il paraît que c’est trrrrèèèès beau, mais pour le coup, on a pas vu grand-chose, donc on l’a cru sur parole !), non sans précautions car dans le brouillard, pas facile de voir les marques …

Ze purée of pois

Ze purée of pois

Après ces émotions, cap sur Camaret à travers l’avant-goulet de Brest, et c’est sous un superbe ciel bleu que Schnaps fait son entrée dans le port pour une bonne journée d’escale et de pieux pèlerinage auprès du curé, connu au moins nationalement pour ses attributs tombants, avant de quitter la Mer d’Iroise par la pointe du Raz.

Bon, il est où le curé ?

Bon, il est où le curé ?

La Belle Poule (ou est-ce l'Etoile) au mouillage devant Camaret

Titosaure admire la Belle Poule (ou est-ce l'Etoile ?) au mouillage devant Camaret


Bilan de l’étape : devoirs du capitaine : copier 100 fois « appeler à la VHF les bateaux qu’on voit sur l’ordi en cas de route de collision dans la purée de pois », une couleur différente par lettre. Port de Camaret : pas terrible


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5 commentaires pour Granville > Camaret

  • ah et j’ai oublié un évènement marquant de cette étape : des dauphins sont venus jouer avec nous, en sortant de la baie du Mont St Michel !!

  • Tristan

    Je me permets de corriger une inexactitude de ce récit, qui fausse profondément la perception qu’en a le lecteur assidu de ce blog. En effet, la cartouche de Sud annoncée alors que l’équipage de Schnaps était à Perros ne l’a été qu’après la nuit passée au mouillage, et non avant.
    Il est donc abusif de la part de l’auteur d’invoquer – comme il se plaît pourtant à le faire ici – ce motif pour justifier de quelque façon le choix du mouillage.
    Il me serait douloureux de mettre en cause la bonne foi de l’auteur, mais je ne peux m’interdire de restaurer toute la vérité à laquelle le lecteur a droit (et zut à la fin!).

    • heu c’est bien possible, ma mémoire me trahit, mais le but avoué était tout de même de pouvoir se rapprocher le plus vite possible de la pointe de Bretagne et donc de rester près de la route, pour différents motifs … Il est possible qu’à ces différents motifs soient venues se rajouter seulement le lendemain des prévisions météo peu favorables. Peut-être pourrions nous effectuer une demande à Météo France afin de savoir à partir de quand cela a été effectivement annoncé :) (il me semble bien que du force 5 a été annoncé dans la journée du lundi, et que dans la journée du mardi les prévisions se détérioraient en force 6 pour le mercredi aprème, mais bon).
      Et sinon, ça y’est, tu les as digérés ces maqueraux ?

  • Ah ah ah ! Moi j’ai bien rigolé et puis j’ai pas oublié le monsieur qui disait à sa femme que les bateaux s’appelaient La Belle-Étoile et le Belem… Et puis Camaret c’est joooooli !
    Aujourd’hui j’ai vu passer un Louis XVI qui courait à en perdre haleine, il disait que Stéphanie était à ses trousses…

    Titobisoux et un grand bravo pour ces supers récits !

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